Uvira : l’hôpital militaire se rééquipe après les pillages avec 54 lits et 35 tonnes de médicaments

Kinshasa rééquipe l’hôpital militaire après les pillages attribués à la coalition M23-RDF

À Uvira, l’hôpital militaire local amorce une phase de réhabilitation après les dégradations et pillages attribués à la coalition AFC-M23 et aux forces de RDF, lors des récents épisodes de violence dans l’est de la République démocratique du Congo. L’infrastructure sanitaire, située sur le littoral du lac Tanganyika, bénéficie désormais d’un appui logistique gouvernemental pour restaurer ses capacités opérationnelles.

Mercredi 25 février 2026, deux conseillers du Président de la République ont officiellement remis un lot de 54 lits d’hospitalisation neufs avec accessoires. Cette dotation vise à compenser les pertes subies lors des périodes d’occupation et de retrait des groupes armés, qui avaient emporté ou détruit une partie du matériel médical.

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Les équipements fournis sont décrits comme des lits médicaux modernes à hauteur variable, munis de barrières latérales escamotables, de sommiers articulés, de potences porte-sérum, de roulettes à frein centralisé ainsi que de matelas en mousse haute densité recouverts d’une housse imperméable antibactérienne. Ces caractéristiques sont destinées à renforcer la sécurité des patients hospitalisés et à prévenir certaines complications liées à l’immobilisation prolongée.

Cette remise de matériel intervient après l’acheminement, quelques jours auparavant, de 35 tonnes de médicaments et d’intrants médicaux. La cargaison comprend notamment des antibiotiques, des antalgiques, des consommables médicaux, des sérums et divers produits de soins destinés à la prise en charge des militaires comme des civils. L’objectif est de reconstituer des stocks fortement réduits par les pillages et d’assurer une continuité minimale des services de santé.

Pour les équipes médicales, la disponibilité d’équipements complémentaires demeure essentielle, notamment les systèmes d’oxygénothérapie, les moniteurs multiparamétriques, les blocs opératoires fonctionnels, les dispositifs de stérilisation ainsi que les capacités de laboratoire.

Les spécialistes de la santé en contexte de conflit soulignent que la réhabilitation durable d’une structure sanitaire ne se limite pas au remplacement du matériel volé. Elle exige également la sécurisation des installations, la stabilisation des réseaux d’eau potable et d’électricité, l’approvisionnement régulier en médicaments essentiels et la mise à disposition d’ambulances médicalisées pour les évacuations d’urgence.

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Pour le gouvernement congolais, cette dotation s’inscrit dans une stratégie plus large de restauration des services publics dans les zones touchées par les violences armées dans l’est du pays, avec une attention particulière portée à la santé des populations civiles et des forces de défense.

Face aux défis persistants, le personnel médical espère que cette première étape sera suivie d’un renforcement structurel des infrastructures sanitaires afin que l’hôpital militaire d’Uvira puisse pleinement remplir sa mission : soigner, stabiliser et sauver des vies malgré les conséquences des conflits armés.

Rédaction

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