Journée mondiale de la santé mentale : l’OMS appelle à placer l’expérience vécue au cœur des décisions

Santé mentale
Une personne malade mentale sur une des avenues de Kinshasa/RDC, le 10/02/2012. Radio Okapi/Ph. Aimé-NZINGA

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle les États à intégrer pleinement l’expérience des personnes vivant avec des troubles mentaux dans l’élaboration des politiques, la conception des services et les décisions qui influencent leur quotidien.

Pour l’OMS, l’expérience vécue constitue une expertise essentielle, complémentaire aux connaissances scientifiques et professionnelles. Pourtant, les personnes concernées sont encore souvent sollicitées uniquement pour témoigner, sans participer réellement aux décisions qui les touchent.

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L’organisation plaide ainsi pour un changement d’approche permettant aux usagers d’influencer concrètement la conception et l’organisation des soins. Elle encourage également le soutien par les pairs et la lutte contre la stigmatisation, tout en défendant des services de santé mentale davantage centrés sur la personne et ancrés dans les communautés.

Les données de l’Atlas de la santé mentale 2024 de l’OMS mettent en évidence les défis qui persistent. À l’échelle mondiale, seuls 9 % des pays ont achevé la désinstitutionnalisation, tandis que 53 % en sont encore aux premières étapes. En outre, environ 49 % des admissions en hôpital psychiatrique se font sans le consentement des patients, et près d’un séjour sur quatre dure plus d’un an.

Face à cette situation, l’OMS prépare de nouvelles orientations pratiques destinées à accompagner la transition progressive des établissements de long séjour vers des services de proximité, respectueux de la dignité et des droits humains.

La participation des personnes concernées demeure toutefois inégale. Si 80 % des pays disposant d’un plan de santé mentale déclarent avoir consulté les usagers lors de son élaboration, seuls 45 % collaborent de manière continue avec les personnes concernées et leurs proches aidants pour planifier ou suivre les services. Par ailleurs, 37 % des pays les associent à la formation du personnel de santé primaire.

À travers sa campagne de cette année, l’OMS appelle à dépasser la simple écoute pour faire de l’expérience vécue un levier concret de transformation des systèmes de santé mentale.

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« En cette Journée mondiale de la santé mentale, passons de l’écoute à l’action et bâtissons des systèmes de santé mentale avec les personnes ayant une expérience vécue, et non pas simplement pour elles », souligne l’organisation.

Placée sous le thème « À l’écoute de l’expérience vécue : des voix authentiques pour un réel changement », cette journée met en avant la nécessité de reconnaître les parcours des personnes concernées et de leur garantir une place effective dans les décisions.

Au-delà des déclarations d’intention, l’enjeu reste celui de la mise en œuvre. Pour l’OMS, la transformation des services de santé mentale suppose un engagement politique durable, des réformes concrètes et un suivi rigoureux afin de développer des soins communautaires accessibles, dignes et respectueux des droits de chacun.

Joseph Aciza

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