RDC : 9.144 cas confirmés d’Ebola et 4.410 décès, la riposte renforcée par 93 millions de dollars

La République démocratique du Congo (RDC) a enregistré 9.144 cas confirmés d’Ebola, dont 4.410 décès, dans sept provinces et 65 zones de santé, selon le rapport de situation de l’Institut national de santé publique (INSP) publié le 13 octobre 2026, sur la base des données du 12 octobre. Alors que le taux de létalité atteint 48,2 %, la Banque mondiale annonce une enveloppe de 93 millions de dollars pour soutenir la riposte en RDC et à l’échelle régionale.

Les provinces touchées sont l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé, la Tshopo et le Sud-Ubangi. L’Ituri demeure particulièrement affectée, avec 28 zones de santé touchées sur 36. Au Nord-Kivu, 17 zones de santé sur 34 sont concernées. Au Sud-Kivu, seule la zone de santé de Miti-Murhesa est signalée comme touchée.

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Sur le cumul des cas enregistrés, 2.418 patients ont été déclarés guéris, tandis que 899 autres sont encore pris en charge dans les centres d’isolement et de traitement. Au Nord-Kivu, la pression sur les structures sanitaires reste importante, avec un taux d’occupation de 89 % des lits disponibles dans les centres de traitement. L’ouverture du centre de traitement d’Ebola de Musienene est prévue pour le 15 octobre 2026.

79 nouveaux cas confirmés en 24 heures

Au cours des 24 heures précédant la publication du rapport, 419 échantillons ont été analysés et 79 nouveaux cas confirmés ont été enregistrés en Ituri, au Nord-Kivu, au Haut-Uélé et dans la Tshopo.

Sur 522 cas suspects validés, 496 ont fait l’objet d’investigations, soit 95 %. Toutefois, le suivi des contacts demeure insuffisant. Il s’établit à 77,6 %, contre un objectif de 95 % fixé pour contribuer à limiter la propagation du virus. Au Nord-Kivu, ce taux est encore plus faible, à 71,8 %.

Par ailleurs, 29 patients ont été déclarés guéris après avoir obtenu deux tests négatifs : 13 en Ituri, 13 au Nord-Kivu, deux au Haut-Uélé et un dans la Tshopo.

Vaccination et sensibilisation se poursuivent

Face à la progression de l’épidémie, les équipes de riposte poursuivent les activités de vaccination, de surveillance et de sensibilisation communautaire.

En Ituri, 5 900 doses du vaccin Ervebo ont été réceptionnées par le Programme national de vaccination. Le 12 octobre, 88 personnes ont été vaccinées avec l’appui de Médecins Sans Frontières (MSF), portant à 938 le nombre total de personnes vaccinées, selon les données rapportées.

Au Haut-Uélé, 470 personnes ont été vaccinées sur 1.060 préenregistrées, soit un taux de couverture de 44,3 %. En revanche, le stock de vaccins est épuisé au Bas-Uélé, ce qui constitue un défi supplémentaire pour la poursuite des activités.

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La sensibilisation repose notamment sur les visites à domicile, les séances éducatives et les émissions radiophoniques. En Ituri, 15.670 visites ont permis de toucher 50.130 personnes. Au Nord-Kivu, 13.133 visites ont atteint 40.652 personnes.

Dans la Tshopo, les équipes interviennent également dans les écoles, auprès des motocyclistes et dans les espaces publics. Elles s’emploient notamment à combattre les rumeurs selon lesquelles la consommation d’alcool ou l’utilisation de fleurs de palmier protégeraient contre Ebola. Ces pratiques ne constituent pas des moyens de prévention reconnus contre la maladie.

La Banque mondiale annonce 93 millions de dollars

Sur le plan financier, la Banque mondiale annonce 80 millions de dollars supplémentaires pour soutenir la lutte contre Ebola en RDC. À cette enveloppe s’ajoutent 13 millions de dollars destinés à appuyer la riposte à l’échelle régionale, portant le montant total annoncé pour ces deux volets à 93 millions de dollars.

Ce financement vise notamment à renforcer la surveillance épidémiologique, la détection des cas, la prise en charge des malades et la mobilisation des équipes sur le terrain.

Selon les informations communiquées sur la riposte, les délais de détection des cas ont été ramenés à un ou deux jours. À Bunia, chef-lieu de l’Ituri, les équipes engagées dans la lutte contre Ebola sont également renforcées afin d’améliorer les capacités d’intervention face aux nouvelles infections.

Ces moyens supplémentaires interviennent alors que le nombre de cas reste élevé et que le suivi des contacts demeure inférieur à l’objectif fixé. Leur efficacité dépendra notamment de la rapidité de leur mise en œuvre, de la disponibilité des ressources sanitaires et de la collaboration des communautés.

Malgré les efforts déployés en matière de détection, de vaccination et de prise en charge, Ebola continue de représenter un défi sanitaire majeur pour la RDC.

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Les autorités sanitaires et les équipes de riposte appellent la population à respecter les mesures de prévention, à éviter tout contact direct avec les personnes présentant des symptômes suspects et à signaler rapidement les cas possibles aux services de santé.

En cas de symptômes ou de suspicion d’Ebola, la population peut appeler gratuitement le 151, numéro indiqué dans les supports officiels de sensibilisation.

Le renforcement des financements, la mobilisation des équipes sanitaires et l’implication des communautés restent essentiels pour freiner la propagation du virus et réduire les nouvelles infections.

Daniel Mupole

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