RDC : le gouvernement lance un programme de cartographie géophysique et géologique couvrant 700.000 km²

Une vue des installations de la Gécamine. Reuters/Ph. David Lewis
Une vue des installations de la Gécamine. Reuters/Ph. David Lewis

Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a officiellement lancé, le 5 octobre 2026 à Kinshasa, un programme de cartographie géophysique et géologique d’une durée de trois ans, en partenariat avec la société Xcalibur Smart Mapping. Ce projet, qui vise à couvrir environ 35 % du territoire national, doit améliorer la connaissance du sous-sol congolais et orienter l’exploration minière ainsi que les décisions publiques.

Dans un communiqué publié le jeudi 15 octobre, le ministère des Mines indique que le programme porte sur une superficie d’environ 700.000 km², comprenant notamment le Kongo Central, le Kwango, le Kasaï et la région du Grand Katanga. Les opérations prévoient l’acquisition de plus de trois millions de kilomètres linéaires de données géophysiques.

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Sur le plan opérationnel, les travaux ont débuté avec la mobilisation de huit aéronefs. Ce dispositif devrait atteindre douze appareils au pic des opérations. Les acquisitions feront appel à plusieurs techniques, notamment la magnétométrie, la radiométrie, la gravimétrie et les méthodes électromagnétiques.

Les données recueillies seront ensuite traitées et interprétées à l’aide de la plateforme XENAI, qui exploite des technologies d’intelligence artificielle.

Un outil stratégique pour mieux connaître le sous-sol congolais

Placée sous le haut patronage du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, la cérémonie de lancement s’est déroulée en présence du vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, et du ministre des Mines, Louis Kabamba Watum.

À cette occasion, le ministre des Mines a souligné l’importance stratégique de cette campagne pour la connaissance du territoire et la valorisation des ressources naturelles.

« La campagne que nous lançons aujourd’hui constitue une étape concrète dans la bonne direction. Au-delà de sa dimension technique, elle revêt une importance stratégique : elle nous permettra de mieux connaître notre territoire, d’approfondir la maîtrise de nos ressources minérales et de transformer ces connaissances en opportunités de développement pour notre peuple et en héritage pour les générations futures », a déclaré Louis Kabamba Watum.

Pour Andrés Blanco, directeur général de Xcalibur Smart Mapping, l’objectif est de transformer les connaissances géologiques en informations utiles aux décisions d’exploration et aux investissements.

« Notre ambition est d’aider la RDC à transformer une compréhension plus approfondie de sa géologie en décisions éclairées et en opportunités concrètes d’exploration. En travaillant avec le ministère des Mines, nous prévoyons de relier la campagne à des programmes qui accélèrent l’exploration à ses premières étapes et créent des opportunités pour des investisseurs locaux responsables. Le développement de l’expertise congolaise est également au cœur de cet effort », a-t-il indiqué.

Un transfert de compétences prévu

Au-delà de la collecte des données, le programme prévoit un volet consacré au transfert de connaissances et au renforcement des capacités nationales. Des experts congolais participeront aux opérations de terrain et bénéficieront de formations pratiques dispensées par les spécialistes de Xcalibur Smart Mapping.

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Le gouvernement et son partenaire entendent ainsi mettre à la disposition des acteurs du secteur minier des données géoscientifiques actualisées, susceptibles de soutenir l’exploration, d’éclairer les décisions d’investissement et d’améliorer la gestion des ressources naturelles.

La cartographie géophysique et géologique constitue une étape importante pour mieux identifier le potentiel minéral du pays. Toutefois, les retombées économiques de ce programme dépendront notamment de la capacité des autorités à exploiter les données produites, à renforcer l’expertise nationale et à mettre en place des conditions favorables à des investissements responsables.

Joseph Aciza

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