RDC : l’UNFPA et ses partenaires appellent à investir massivement dans les sages-femmes pour sauver des vies

Des sage-femmes dirigeant un accouchement dans la clinique mobile. Photo UNFPA RDC

À l’occasion de la Journée internationale des sages-femmes célébrée le 5 mai 2026, le Fonds des Nations Unies pour la population et ses partenaires, dont SANRU Asbl, lancent un appel urgent à renforcer les investissements dans la profession de sage-femme en République démocratique du Congo, face à une mortalité maternelle et néonatale toujours préoccupante.

Dans un contexte où l’accès aux soins reste limité, notamment dans les zones rurales et en situation de crise, ces organisations plaident pour l’augmentation des effectifs, l’amélioration des conditions de travail et une meilleure répartition des sages-femmes afin de garantir des soins de qualité à chaque femme et à chaque nouveau-né.

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Selon l’UNFPA, les sages-femmes jouent un rôle essentiel dans la santé sexuelle, reproductive, maternelle et néonatale. Elles contribuent notamment à prévenir les grossesses non désirées, les avortements non sécurisés ainsi que la transmission du VIH de la mère à l’enfant. Présentes en première ligne, y compris dans les contextes de crise, elles demeurent pourtant insuffisamment nombreuses et sous-valorisées.

« Investir dans un million de postes supplémentaires de sages-femmes est le moyen le plus efficace de sauver la vie des mères et de leurs nouveau-nés. Cela permettrait d’élargir l’accès aux soins prénatals, à l’accouchement sécurisé et au suivi postnatal », souligne l’organisation, insistant sur la nécessité de protéger les soins obstétricaux dans les budgets de santé nationaux et internationaux.

L’UNFPA appelle ainsi à replacer les sages-femmes au cœur des systèmes de santé, estimant que leur faible reconnaissance et les discriminations dont elles font l’objet limitent leur impact, notamment dans l’accès aux postes de décision.

Pour l’année 2026, le thème mondial retenu est « Un million de sages-femmes de plus », tandis qu’en République démocratique du Congo, la journée est célébrée sous le thème : « Accélérer le déploiement des sages-femmes pour la sécurité du couple mère-enfant », rapporte SANRU Asbl.

Cette organisation met en avant les résultats de ses interventions en 2025, notamment à travers le projet Bomoyi II. Au total, 140 bénéficiaires ont été formés et 80 nouvelles sages-femmes ont été dotées de kits complets pour une mise en service immédiate.

Ces efforts ont permis d’améliorer significativement la qualité des soins, avec 64 482 accouchements assistés par du personnel qualifié, soit un taux de 98,2 % dans les zones appuyées. Parallèlement, SANRU Asbl indique avoir renforcé les infrastructures sanitaires, équipé les structures en matériel essentiel et assuré l’approvisionnement en médicaments pour garantir des soins continus et sécurisés.

« À l’occasion de cette Journée internationale de la sage-femme, SANRU asbl réaffirme son engagement à poursuivre ses investissements en faveur des sages-femmes, convaincue que leur formation, leur équipement et leur déploiement équitable restent l’un des moyens les plus efficaces pour sauver des vies », souligne l’organisation.

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Au-delà des engagements institutionnels, cette journée met en lumière une urgence : investir dans les sages-femmes revient à investir dans la vie. Le renforcement de leur formation, l’amélioration de leurs conditions de travail et leur déploiement équitable sur l’ensemble du territoire apparaissent comme des leviers essentiels pour bâtir un système de santé plus efficace, inclusif et résilient en RDC.

Vinciane Ntabala

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