RDC : plus de 1.100 cas de choléra signalés en une semaine, l’épidémie reste préoccupante

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En République démocratique du Congo, l’épidémie de choléra demeure une urgence sanitaire majeure. À la semaine 15 de l’année 2026, 1.117 cas suspects et 28 décès ont été enregistrés, soit une létalité de 2,5 %, selon un rapport interne de l’Organisation mondiale de la santé.

La maladie est actuellement présente dans 16 provinces sur 26 et 106 zones de santé sur 519, confirmant une propagation toujours active à travers le pays. Une nouvelle zone de santé a récemment été touchée le long du corridor fluvial dans la province du Sud-Ubangi : Kungu, où 12 cas dont 2 décès ont été signalés.

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Malgré cette situation préoccupante, certaines évolutions positives sont observées. Dans la province du Maniema, aucun cas n’a été rapporté pour la première fois depuis le début de l’épidémie. À Kinshasa, la tendance est également à la baisse, avec seulement 33 cas enregistrés à la semaine 15, grâce notamment aux activités de quadrillage communautaire lancées depuis la semaine 10.

Par ailleurs, la riposte vaccinale progresse. Dans le Haut-Lomami, la vaccination préventive a permis de couvrir 2.756.470 personnes dans 8 zones de santé, soit un taux de couverture de 97,9 %.

Cependant, des facteurs aggravants persistent. Des inondations ont récemment touché plusieurs zones de santé dans les provinces de la Tshopo (Isangi et Tshopo) et du Tanganyika (Ankoro, Kabalo, Kiambi et Nyemba), augmentant les risques de propagation de la maladie.

Une crise sanitaire plus large

Au-delà de la situation hebdomadaire, le choléra reste la principale urgence sanitaire en RDC. Entre la semaine 1 de 2025 et la semaine 8 de 2026, le pays a enregistré 83.266 cas et 2.384 décès, avec une létalité de 3 %, Kinshasa concentrant à elle seule 30 % des cas.

En parallèle, d’autres épidémies continuent de peser sur le système de santé. Le mpox totalise 11.577 cas suspects et 130 décès, tandis que la rougeole a causé 44.379 cas suspects et 428 décès.

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La situation est aggravée par une crise humanitaire persistante, notamment dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ayant entraîné le déplacement de 6,47 millions de personnes, exposant davantage les populations aux maladies.

Des efforts de riposte renforcés

Face à ces défis, les autorités sanitaires et leurs partenaires ont intensifié les actions de réponse. Cela inclut le renforcement de la surveillance, l’extension du diagnostic, notamment pour le mpox, et la distribution de plus de 12 tonnes d’intrants médicaux dans les zones prioritaires.

Des centres de traitement du choléra, dont celui de Binza Ozone à Kinshasa, ont été mis en place, tandis que des campagnes de sensibilisation et de quadrillage communautaire ont été renforcées.

En outre, 4.236 agents de première ligne ont été formés dans plusieurs domaines clés, et des investissements ont été réalisés dans les infrastructures sanitaires, notamment dans la zone de santé de Bulape.

Des défis persistants

Malgré ces avancées, plusieurs obstacles continuent de freiner la riposte. Il s’agit notamment du manque de personnel qualifié en gestion des urgences sanitaires, de la faible couverture en laboratoires de santé publique, de l’insuffisante implication des autres secteurs dans la lutte contre le choléra et du déficit de coordination multisectorielle au niveau provincial.

Dans ce contexte, les autorités sanitaires poursuivent les préparatifs de la Table ronde nationale sur le choléra, visant à renforcer la coordination et à mobiliser davantage de ressources pour contenir durablement l’épidémie.

Jean-Luc M.

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