L’organisation Médecins Sans Frontières (MSF) alerte sur une crise sanitaire majeure dans l’est du Tchad, où des épidémies de méningite et de rougeole frappent les populations réfugiées soudanaises, avec un taux de mortalité infantile préoccupant.
Dans un communiqué publié jeudi, MSF dresse un tableau alarmant de la situation à la frontière avec le Soudan. Entre mars et avril, 212 enfants ont été hospitalisés pour méningite dans les structures de l’ONG, dont 25 sont décédés, soit un taux de létalité proche de 12 %.
La ville d’Adré, principal point d’entrée des civils fuyant les violences au Soudan, est devenue l’épicentre de cette double crise sanitaire. En plus de la méningite, une épidémie de rougeole s’y propage rapidement dans des camps de réfugiés surpeuplés.
La promiscuité et la saturation des sites d’accueil favorisent la transmission des maladies, exposant particulièrement les enfants.
« Le taux d’occupation des lits pour les cas de méningite avoisine les 100 %, ce qui sature nos capacités et compromet la prise en charge d’autres pathologies », explique Isabelle Kavira, responsable des activités médicales de MSF à Adré.
Elle alerte également sur la gravité des cas de rougeole, souvent accompagnés de complications respiratoires sévères, notamment des pneumonies nécessitant des soins intensifs.
Depuis le début de la guerre civile au Soudan en avril 2023, le Tchad accueille plus de 1,3 million de réfugiés, dont de nombreux survivants des violences au Darfour.
Face à cette situation, MSF, en collaboration avec le ministère tchadien de la Santé, a lancé des campagnes de vaccination d’urgence. À ce jour, plus de 95 500 enfants ont été vaccinés contre la rougeole, tandis que 337 800 personnes ont reçu un vaccin contre la méningite dans les zones les plus exposées.
Malgré ces efforts, les infrastructures sanitaires restent sous forte pression, alors que l’afflux de réfugiés se poursuit.
