La Société civile environnementale de Mwenga-Kamituga alerte sur les risques environnementaux et les préoccupations foncières liés à l’exploitation aurifère menée par la Société coopérative Mwenga Développement à Sugulu, dans le groupement de Banakabale, chefferie des Wamuzimu, en territoire de Mwenga, au Sud-Kivu. Elle appelle les autorités compétentes à vérifier la régularité de ces activités et à veiller au respect des droits des communautés locales.
Selon les dénonciations relayées par cette structure citoyenne, la société coopérative mènerait ses activités sans concertation préalable suffisante avec les populations qui revendiquent des droits sur les terres concernées. Ces allégations, qui nécessitent des vérifications, suscitent des inquiétudes quant aux relations entre les exploitants miniers et les communautés riveraines.
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Pour Mukobelwa Mutekulwa Jean-Pierre, président urbano-territorial de la Société civile environnementale de Mwenga-Kamituga, l’absence de dialogue pourrait accentuer les tensions si les préoccupations des habitants ne sont pas prises en compte.
Cet acteur de la société civile estime que l’exploitation des ressources naturelles ne devrait pas se faire au détriment des populations locales, dont les moyens de subsistance dépendent notamment des terres, de l’agriculture et des ressources naturelles.
Des risques pour l’environnement et les populations
Au-delà des préoccupations liées à la concertation avec les communautés, la Société civile environnementale attire l’attention sur les conséquences possibles d’une exploitation aurifère insuffisamment encadrée.
Parmi les risques figurent la déforestation, l’érosion, la dégradation des sols, la perturbation des cours d’eau et la destruction des habitats naturels. Les travaux d’extraction peuvent également provoquer des éboulements, des affaissements de terrain et la formation de fosses susceptibles de mettre en danger les habitants et les animaux.
Une mauvaise gestion des déchets miniers pourrait, par ailleurs, entraîner la pollution des eaux et affecter les activités agricoles ainsi que l’accès des populations à des ressources naturelles saines. L’utilisation éventuelle de substances chimiques dangereuses dans le traitement de l’or représente également un risque pour la santé humaine et les écosystèmes lorsqu’elle n’est pas correctement contrôlée.
Dans le territoire de Mwenga, les conséquences environnementales et sécuritaires de certaines activités minières font régulièrement l’objet de préoccupations exprimées par des acteurs locaux. Les risques pour les infrastructures et les habitations riveraines figurent notamment parmi les problèmes soulevés.
Toutefois, les conséquences précises de l’exploitation à Sugulu devront être établies au moyen d’évaluations environnementales et de vérifications sur le terrain.
Les droits fonciers des communautés au cœur des préoccupations
La question de l’accès aux terres constitue un autre enjeu majeur dans cette affaire. Si l’absence de consultation préalable dénoncée par la société civile venait à être confirmée, elle pourrait favoriser des conflits entre les exploitants et les détenteurs de droits fonciers coutumiers, fragiliser la cohésion sociale et renforcer le sentiment d’exclusion des communautés locales.
Les populations concernées souhaitent que leurs préoccupations soient entendues et que les conditions d’accès à leurs terres soient clarifiées. Elles attendent également que les retombées économiques de l’exploitation aurifère contribuent au développement local, au lieu de profiter uniquement aux exploitants.
Dans ce contexte, plusieurs questions méritent une attention particulière : la régularité des autorisations d’exploitation, le respect des obligations environnementales et sociales, la consultation des communautés concernées et l’indemnisation équitable des personnes éventuellement affectées.
Pour Mukobelwa Mutekulwa Jean-Pierre, la protection des terres communautaires et de l’environnement doit rester une priorité face à l’exploitation des ressources minières.
« Nous sommes profondément désolés de constater que les richesses de notre territoire risquent d’être exploitées sans que les populations concernées soient suffisamment consultées. Les terres de nos communautés ne doivent pas être considérées uniquement comme des espaces où extraire de l’or, mais aussi comme un patrimoine à protéger pour les générations présentes et futures. Nous demandons aux autorités compétentes de s’impliquer, de vérifier la régularité de ces activités et de garantir un véritable dialogue entre les exploitants et les citoyens concernés », déplore-t-il.
Un appel à l’intervention des autorités
Face aux préoccupations soulevées à Sugulu, la Société civile environnementale de Mwenga-Kamituga plaide pour une intervention des autorités locales, territoriales et provinciales, ainsi que des services compétents en matière de mines et d’environnement.
Elle leur demande de vérifier la conformité des activités d’exploitation aux dispositions légales en vigueur, d’évaluer leurs éventuelles conséquences environnementales et de veiller à la protection des droits des communautés concernées.
La structure insiste sur la nécessité d’une exploitation aurifère responsable, transparente et respectueuse des intérêts des populations riveraines. Elle estime qu’un dialogue entre les exploitants, les communautés et les autorités compétentes est indispensable pour prévenir les tensions et préserver les ressources naturelles.
À Sugulu, l’enjeu est désormais de clarifier les conditions dans lesquelles l’or est exploité, d’établir les faits dénoncés et de garantir que les intérêts économiques ne se réalisent pas au détriment des droits des communautés et de la protection de l’environnement.
