Un important feu de brousse s’est déclaré mercredi 22 juillet, vers 18 heures, sur la montagne Kanshala, l’un des principaux sommets de la chaîne des Mitumba, dans la cité de Kamanyola, en territoire de Walungu (Sud-Kivu). Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’incendie serait d’origine humaine.
En quelques heures, une importante partie de la végétation est partie en fumée. Herbes, arbustes et diverses espèces végétales ont été détruits, accentuant les menaces qui pèsent déjà sur la biodiversité locale.
Ce nouvel incendie intervient dans un contexte où la plaine de la Ruzizi est confrontée aux effets du changement climatique, notamment la hausse des températures, les périodes de sécheresse et la dégradation progressive des terres agricoles.
Autrefois recouvertes d’une végétation dense, les montagnes de la chaîne des Mitumba constituaient un habitat pour plusieurs espèces animales, notamment des lièvres, des serpents et, selon les habitants les plus âgés, des léopards. Aujourd’hui, cette faune est devenue rare en raison de la destruction répétée de son habitat naturel.
Les défenseurs de l’environnement soulignent que les feux de brousse ont des répercussions directes sur les communautés locales.
La destruction des herbes réduit les pâturages disponibles pour les éleveurs de bovins et de caprins, tandis que les populations disposent de moins en moins de bois de chauffage et de paille.
À cela s’ajoutent l’accélération de l’érosion des sols, la diminution de la capacité des terres à retenir l’eau ainsi que l’augmentation de la chaleur dans la région. Les spécialistes rappellent également que le couvert végétal joue un rôle essentiel dans l’absorption du dioxyde de carbone, la production d’oxygène et la régulation du climat.
Malgré les campagnes de sensibilisation et les interdictions régulièrement annoncées par les autorités, les feux de brousse continuent d’être signalés dans la région.
Les acteurs engagés dans la protection de l’environnement estiment qu’il est nécessaire de renforcer les mesures de prévention, de poursuivre les auteurs de ces incendies et de promouvoir les initiatives de reboisement.
Interrogé par notre rédaction, Ciza Lwatunda, enseignant au Complexe scolaire Saint-Joseph de Grand-Lac, exprime son inquiétude.
« Nous enseignons aux élèves que protéger les arbres et les montagnes, c’est protéger notre avenir. Voir cette montagne partir en fumée est très douloureux. Détruire l’environnement, c’est compromettre la vie des générations futures. Les autorités doivent identifier et punir les auteurs des feux de brousse, tout en renforçant l’éducation environnementale. »
Au-delà de son importance écologique, la montagne Kanshala occupe une place particulière dans l’histoire et les traditions locales. Certaines croyances populaires lui attribuent l’existence de ressources naturelles encore inexploitées. Qu’elles soient fondées ou non, elles témoignent de la valeur patrimoniale de ce site pour les communautés de Kamanyola.
Face à la multiplication des phénomènes liés au changement climatique, les spécialistes rappellent que la lutte contre les feux de brousse constitue une responsabilité collective. Chaque incendie contribue à la destruction des écosystèmes, accentue le réchauffement climatique et fragilise davantage les populations qui dépendent des ressources naturelles pour leur subsistance.
