Le Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est confronté à une recrudescence de l’exploitation illégale des ressources forestières dans sa partie située sur l’axe Kalonge, en territoire de Kalehe (Sud-Kivu). Des acteurs environnementaux de la région alertent sur une intensification de ces activités clandestines, qu’ils attribuent notamment à la dégradation du contexte sécuritaire.
Contacté ce 22 juillet, Muzaliwa Kateramuko, agent chargé de l’environnement à Bunyakiri, affirme que le parc est devenu un refuge pour des exploitants qui produisent du charbon de bois (makala) et scient des planches sans autorisation des services compétents.
« Aujourd’hui, dans le parc, on produit du charbon de bois et on y scie des planches sans aucune autorisation de l’État. Il s’agit d’une exploitation abusive et totalement illicite », déclare-t-il.
Selon cette source, plusieurs exploitants qui exerçaient auparavant dans les zones de Bitale, dans le secteur de Buloho, se seraient déplacés à l’intérieur du parc afin d’échapper aux contrôles administratifs.
Muzaliwa Kateramuko affirme que, selon les informations dont il dispose, différents acteurs armés présents dans la zone exerceraient une influence sur ces activités.
« Là-bas, personne ne demande de permis de coupe de bois ni de permis de carbonisation. On y retrouve des Wazalendo, des FARDC ou encore le M23. Certains arrangements se font de manière informelle, permettant aux exploitants d’abattre les arbres en échange de contreparties », soutient-il.
Ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante, et aucune réaction des autorités concernées n’était disponible au moment de la publication de cet article.
Toujours selon l’agent de l’environnement, le charbon de bois et les planches issus de cette exploitation clandestine seraient ensuite acheminés vers Bukavu, où ils seraient commercialisés sans documents officiels.
Il estime que cette situation est une conséquence directe de l’insécurité persistante, qui complique la surveillance des aires protégées et limite les capacités d’intervention des services compétents.
Muzaliwa Kateramuko indique que les services de l’environnement ont déjà transmis plusieurs alertes aux autorités administratives.
« Concernant le dossier du Parc national de Kahuzi-Biega, nous avons déjà transmis notre rapport. L’inspecteur de l’environnement est venu depuis Uvira et nous a réunis le mois passé. Nous lui avons présenté toute la situation, ainsi qu’à l’administrateur du territoire. À notre niveau, nous avons fait ce qui devait être fait », affirme-t-il.
Cette nouvelle alerte intervient quelques jours après que la direction du Parc national de Kahuzi-Biega a dénoncé l’abattage d’un gorille de Grauer, une espèce endémique de l’est de la République démocratique du Congo classée parmi les espèces gravement menacées d’extinction.
Ces événements illustrent les multiples pressions auxquelles est confronté le parc, entre exploitation illégale des ressources naturelles, insécurité persistante et atteintes à la biodiversité.
