Bukavu : l’insalubrité persiste, le quartier Ndendere alerte sur les défaillances de la collecte des déchets

déchets caniveaux
des déchets dans un caniveau à Bukavu. Ph. Laprunellerdc.info (Illustration)

L’insalubrité continue de préoccuper les habitants de Bukavu, où des tas d’ordures s’accumulent dans plusieurs rues et sentiers malgré les initiatives engagées pour améliorer la gestion des déchets. Dans le quartier Ndendere, les habitants et les autorités locales pointent notamment les insuffisances logistiques et organisationnelles des associations chargées de la collecte et de l’évacuation des déchets.

La question a été au centre d’une réunion de sécurité tenue ce lundi 7 septembre 2026 dans le quartier Ndendere. Les échanges ont notamment porté sur les difficultés observées dans le fonctionnement des associations intervenant dans l’assainissement et leurs conséquences sur le cadre de vie de la population.

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Le chef de quartier, Albert Migabo Nyagaza, a relevé plusieurs problèmes, notamment l’insuffisance des moyens matériels, le non-respect des calendriers de collecte et le manque de personnel.

« Ils n’ont pas des engins suffisants, c’est-à-dire une faible logistique. Ils ne respectent pas leur calendrier. Le personnel est insuffisant pour le déchargement. Et à un certain niveau, il y a un peu de méfiance entre les ménages et les associations », a-t-il déclaré au cours de la rencontre.

Renforcer les moyens et la main-d’œuvre

Face à ces difficultés, plusieurs recommandations ont été formulées pour améliorer le système de collecte et d’évacuation des déchets dans le quartier.

Les participants ont notamment recommandé de renforcer la logistique des associations en leur permettant de disposer d’engins suffisants pour assurer un ramassage régulier et efficace des déchets.

Une collaboration plus étroite entre les associations et les cadres de base est également jugée nécessaire afin de restaurer la confiance des ménages et de garantir une meilleure organisation des opérations.

La question de la rémunération des agents chargés de l’assainissement a également été soulevée. Les participants estiment que ces travailleurs doivent être correctement rémunérés afin de maintenir leur engagement dans les activités de collecte.

Il a également été recommandé d’augmenter la main-d’œuvre, compte tenu du volume croissant des déchets produits dans la ville.

Un risque pour la santé et l’environnement

L’accumulation des déchets dans les rues et les sentiers ne constitue pas uniquement une nuisance pour le cadre de vie. Elle représente également un risque pour la santé publique et l’environnement.

Les ordures abandonnées dans les espaces publics peuvent favoriser la propagation de certaines maladies et contribuer à la pollution de l’air et de l’eau, tout en dégradant davantage l’environnement urbain.

Pour les habitants de Ndendere, l’amélioration de la salubrité nécessite donc l’implication de l’ensemble des parties prenantes : autorités locales, associations d’assainissement et ménages.

Un nouveau système de collecte annoncé

Cette situation intervient quelques jours après une décision annoncée par le gouverneur du Sud-Kivu sous contrôle de l’AFC-M23, Patrick Busu Bwa Ngwi, concernant les dispositifs d’assainissement de la ville de Bukavu.

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Le gouverneur a annoncé, à titre transitoire à partir du 1er septembre 2026, la suspension de tous les dispositifs actuels mis en place par les organisations intervenant dans l’assainissement de la ville.

Cette décision, annoncée le 31 août 2026 lors d’une réunion tenue à Bukavu avec les personnels et les organisations du secteur, faisait suite, selon lui, à plusieurs plaintes formulées par des ménages et certaines autorités concernant la dégradation de la salubrité dans les routes, les quartiers et différents espaces de la ville.

La suspension doit intervenir en attendant l’identification des ménages et la mise en place d’un nouveau système de collecte, de tri et d’évacuation des déchets.

Alors que ce nouveau dispositif est attendu, les préoccupations exprimées à Ndendere illustrent les difficultés persistantes auxquelles la ville reste confrontée en matière de gestion des déchets.

Pour les acteurs locaux, une amélioration durable de la situation passe par des moyens matériels suffisants, une meilleure organisation des associations, une implication accrue des autorités de proximité et une collaboration active des ménages.

Edith Kazamwali

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