À l’occasion de la Journée internationale sans sacs plastiques, célébrée le 3 juillet, des acteurs engagés dans la protection de l’environnement à Goma appellent à des actions plus fortes pour lutter contre la pollution liée aux déchets plastiques, qu’ils considèrent comme une menace pour la santé publique et les écosystèmes.
Interrogé par La Prunelle RDC, Me Birhaheka Pasteur, Directeur exécutif de l’ONG Actions pour la Sauvegarde de l’Environnement, estime que la gestion des déchets plastiques constitue aujourd’hui un défi majeur pour la ville de Goma.
Selon lui, les déchets plastiques abandonnés dans la nature finissent par atteindre le lac Kivu où ils contribuent à la dégradation de la biodiversité aquatique.
« Les déchets plastiques mal gérés impactent la biodiversité du lac Kivu et, par conséquent, notre sécurité alimentaire », explique-t-il.
L’environnementaliste souligne que la dégradation progressive des plastiques libère des microparticules susceptibles d’être ingérées par les poissons. Il estime que cette situation pourrait avoir des répercussions sur la santé des populations qui consomment ces ressources halieutiques.
Au-delà des conséquences environnementales, Me Birhaheka attire également l’attention sur les risques sanitaires liés à l’accumulation des déchets plastiques dans les caniveaux et les espaces publics. Selon lui, les eaux stagnantes favorisent la prolifération des moustiques et augmentent les risques de maladies telles que le paludisme, le choléra ou encore la fièvre typhoïde.
Il ajoute que les déchets plastiques enfouis dans le sol réduisent l’infiltration naturelle des eaux de pluie, ce qui peut accentuer les phénomènes d’inondation et d’érosion dans plusieurs quartiers de la ville.
Malgré les campagnes de sensibilisation et les initiatives portées par des organisations de la société civile ainsi que par des jeunes entrepreneurs, le responsable de l’ONG estime que les efforts restent insuffisants face à l’ampleur du problème.
Pour lui, une réponse durable passe par un engagement plus important des pouvoirs publics.
« Tant que les autorités ne mettront pas en place des mesures contraignantes accompagnées de mécanismes d’appui aux initiatives privées, les actions menées par les organisations et les citoyens resteront limitées », affirme-t-il.
Me Birhaheka plaide pour une approche globale associant réglementation, sensibilisation, accompagnement des entreprises développant des alternatives aux sacs plastiques et promotion de l’économie circulaire afin de transformer les déchets en ressources valorisables.
À l’occasion de cette Journée internationale sans sacs plastiques, les acteurs environnementaux invitent ainsi les autorités, les entreprises et les citoyens à renforcer leurs efforts pour réduire l’utilisation des plastiques à usage unique et préserver durablement le lac Kivu ainsi que le cadre de vie des habitants de Goma.
