L’épidémie de la maladie à virus Ebola continue de progresser en République démocratique du Congo. Selon le dernier rapport de situation du 12 publié samedi 13 juin par l’Institut national de santé publique (INSP), le pays totalise désormais 710 cas confirmés, soit 21 nouveaux cas enregistrés en l’espace de 24 heures.
Le même rapport fait état de 149 décès cumulés, représentant une augmentation de dix décès par rapport au précédent bilan. Le taux de létalité s’établit désormais à 21 %, traduisant la gravité persistante de cette flambée épidémique qui touche actuellement trois provinces de l’Est du pays.
Au total, 324 patients sont actuellement placés en isolement ou hospitalisés, tandis que 35 personnes ont été déclarées guéries depuis le début de l’épidémie, dont trois nouvelles guérisons enregistrées au cours des dernières vingt-quatre heures.
Vingt-neuf zones de santé affectées
L’épidémie s’étend désormais à 29 zones de santé réparties dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
L’Ituri demeure la province la plus touchée avec 19 zones de santé affectées, à savoir : Aru, Angumu, Bambu, Bunia, Damas, Gety, Kilo, Komanda, Lita, Logo, Mambasa, Mangala, Mongbwalu, Nizi, Nyankunde, Rimba, Rwampara, Tchomia et Kambala.
Au Nord-Kivu, neuf zones de santé sont concernées : Beni, Butembo, Goma, Kalunguta, Katwa, Kyondo, Oicha, Masereka et Vuhovi.
Le Sud-Kivu compte pour sa part une seule zone de santé affectée, celle de Miti-Murhesa.
Un suivi des contacts encore insuffisant
L’un des principaux défis de la riposte demeure le suivi des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés. Le taux global de suivi des contacts dans les trois provinces touchées est évalué à 60,5 %, un niveau encore largement inférieur aux objectifs opérationnels fixés pour interrompre efficacement les chaînes de transmission.
Les autorités sanitaires soulignent que le renforcement de ce dispositif constitue une priorité afin d’identifier rapidement les personnes exposées, assurer leur surveillance et limiter la propagation du virus.
Les autorités appellent à la vigilance
Face à cette situation préoccupante, le gouvernement rappelle l’importance du respect des mesures de prévention.
Toute personne présentant des symptômes tels que la fièvre, les vomissements, la diarrhée ou tout autre signe suspect est invitée à se rendre immédiatement dans le centre de santé le plus proche afin de bénéficier d’une prise en charge rapide.
Les autorités recommandent également le lavage régulier des mains, l’acceptation des contrôles de température, le respect des mesures barrières et la collaboration avec les équipes chargées du suivi des contacts.
Elles insistent aussi sur la nécessité d’éviter tout contact direct avec une personne malade ou avec le corps d’une personne décédée dans des circonstances suspectes, en privilégiant les procédures d’enterrements dignes et sécurisés.
Une mobilisation collective jugée indispensable
Selon l’INSP, les autorités sanitaires, les partenaires de la riposte et les communautés poursuivent leurs efforts conjoints en matière de sensibilisation, de prévention et de prise en charge des malades afin de freiner la propagation de l’épidémie.
En cas de symptômes ou de suspicion d’infection à Ebola, la population est invitée à appeler gratuitement le 151, numéro vert mis à disposition pour l’alerte et l’orientation des cas suspects.
