L’épidémie de maladie à virus Ebola causée par le virus Bundibugyo (BVD) continue de s’aggraver en République démocratique du Congo. Dans son dernier bulletin publié le 1er août 2026, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) indique que cette flambée est désormais la plus importante jamais enregistrée dans le pays, avec une transmission soutenue, une progression géographique rapide et un nombre de décès qui ne cesse d’augmenter.
Selon les données arrêtées au 30 juillet 2026, la RDC comptabilise 3.605 cas confirmés, dont 1.587 décès, soit un taux brut de létalité de 44 %. L’OMS souligne que la propagation continue du virus, son extension vers de nouvelles provinces ainsi que le niveau élevé de mortalité illustrent la gravité croissante de cette urgence de santé publique.
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Initialement limitée à la zone de santé de Mongbwalu, en province de l’Ituri, l’épidémie s’est étendue en l’espace de deux mois à cinq provinces du pays : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Au total, 49 zones de santé sont désormais affectées.
L’OMS relève qu’au cours de la seule semaine épidémiologique 30, les autorités sanitaires ont enregistré 567 nouveaux cas confirmés ainsi que 296 décès, soit les chiffres hebdomadaires les plus élevés depuis le début de cette flambée.
Depuis la publication du précédent bulletin de situation, le 17 juillet dernier, la RDC a enregistré 1.481 nouveaux cas confirmés et 759 décès supplémentaires.
L’organisation précise que cette hausse est certes favorisée par le renforcement de la surveillance, l’amélioration des capacités de laboratoire et l’augmentation du dépistage, mais qu’elle traduit surtout une accélération réelle de la transmission du virus.
Avec ces chiffres, cette épidémie dépasse désormais celle de 2018-2020, qui constituait jusqu’ici la plus importante flambée d’Ebola enregistrée en République démocratique du Congo avec 3 317 cas confirmés.
L’Ituri demeure l’épicentre
La province de l’Ituri reste de loin la plus touchée.
Elle concentre 3 176 cas confirmés, soit 88 % de tous les cas enregistrés dans le pays, ainsi que 1 311 décès, représentant 82,6 % de la mortalité nationale liée à cette épidémie.
Les zones de santé les plus affectées sont : Bunia (880 cas), Rwampara (627 cas), Mongbwalu (541 cas), Nizi (377 cas), Lita (131 cas), Nyankunde (114 cas).
Au-delà de l’Ituri, l’épidémie poursuit sa progression dans les autres provinces avec 11 zones de santé affectées au Nord-Kivu, une au Sud-Kivu, cinq au Haut-Uélé et quatre en Tshopo. Une cinquième zone de santé en Tshopo, Wanie-Rukula, reste en attente d’harmonisation des données provinciales.
Parmi les 49 zones de santé concernées, 33 continuent d’enregistrer des cas actifs, avec 641 nouveaux cas et 282 décès signalés au cours des sept derniers jours.
Plus de 17.000 contacts suivis
La riposte sanitaire mobilise d’importants moyens de surveillance.
Au 30 juillet, 17.863 personnes contacts avaient été identifiées dans les différentes provinces concernées.
Parmi elles, 13.455 faisaient encore l’objet d’un suivi actif, soit des taux de suivi de 75,5 % en Ituri, 74,6 % au Nord-Kivu, 80,6 % au Haut-Uélé et 66,2 % en Tshopo.
L’OMS précise que les personnes contacts identifiées au Sud-Kivu ont toutes achevé la période réglementaire de suivi de 21 jours.
Les professionnels de santé continuent de payer un lourd tribut
Les agents de santé restent particulièrement exposés.
Depuis le début de l’épidémie, 151 professionnels de santé ont été infectés.
Parmi eux, 44 sont décédés, tandis que 68 ont pu être guéris.
Selon l’OMS, ces contaminations témoignent des difficultés persistantes dans l’application des mesures de prévention et de contrôle des infections au sein des structures sanitaires ainsi que du maintien d’une forte exposition communautaire.
Une réponse compliquée par les conflits armés
L’OMS rappelle que cette épidémie évolue dans un contexte humanitaire extrêmement complexe.
Les conflits armés, les déplacements massifs de populations, l’insécurité chronique, les mouvements transfrontaliers ainsi que l’accès limité aux soins de santé, à l’eau potable, à l’alimentation et aux services de protection compliquent considérablement les opérations de riposte.
Les attaques visant des structures sanitaires perturbent également les activités de surveillance, limitent les déplacements des équipes de réponse et augmentent le risque de chaînes de transmission non détectées.
Face à cette situation, l’organisation insiste sur l’importance d’une riposte centrée sur les communautés, conduite en étroite collaboration avec les autorités locales et les leaders communautaires.
Un virus sans vaccin homologué ni traitement spécifique
Le virus Bundibugyo appartient au groupe des orthébolavirus responsables de la maladie à virus Ebola.
Il s’agit d’une maladie zoonotique dont les chauves-souris frugivores sont considérées comme le principal réservoir naturel.
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La transmission à l’homme survient après un contact avec des animaux infectés, notamment les chauves-souris ou certains primates, avant de se poursuivre entre personnes par contact direct avec le sang, les sécrétions ou d’autres liquides biologiques.
Les structures sanitaires insuffisamment protégées ainsi que les pratiques d’inhumation non sécurisées favorisent également la propagation.
La période d’incubation varie de deux à vingt-et-un jours, les personnes infectées ne devenant contagieuses qu’à partir de l’apparition des symptômes.
La maladie débute généralement par de la fièvre, une fatigue importante, des douleurs musculaires, des maux de tête et un mal de gorge avant d’évoluer vers des troubles digestifs, une atteinte des organes et, dans certains cas, des manifestations hémorragiques.
L’OMS rappelle qu’aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’existe actuellement contre cette souche du virus Bundibugyo, ce qui rend la détection précoce, l’isolement rapide des malades, la recherche des contacts et l’engagement communautaire essentiels pour interrompre la transmission.
Une riposte appelée à changer d’échelle
En collaboration avec le ministère congolais de la Santé et ses partenaires, l’OMS poursuit la mise en œuvre d’un vaste plan continental de préparation et de riposte.
Celui-ci comprend notamment le renforcement de la coordination des urgences, de la surveillance épidémiologique, des capacités de laboratoire, de la prévention et du contrôle des infections, de la prise en charge clinique, de la mobilisation communautaire, de la recherche scientifique, de la logistique ainsi que du maintien des services essentiels de santé.
L’organisation estime toutefois qu’un renforcement substantiel des moyens demeure indispensable afin de reprendre le contrôle de l’épidémie.
Un risque jugé très élevé en RDC
Dans sa dernière évaluation réalisée le 6 juin 2026, l’OMS maintient un niveau de risque « très élevé » pour la République démocratique du Congo, en raison de la poursuite de la transmission et de l’extension de l’épidémie vers de nouvelles zones de santé.
Le risque est jugé élevé pour l’Ouganda, malgré la déclaration officielle de la fin de son épidémie le 28 juillet, ainsi que pour tous les pays partageant une frontière terrestre avec les zones touchées en raison des importants mouvements de populations et des échanges transfrontaliers.
En revanche, le risque demeure faible pour le reste du continent africain et au niveau mondial.
L’OMS précise qu’elle ne recommande aucune restriction des voyages ni du commerce avec les pays affectés, tout en appelant les États à maintenir un haut niveau de surveillance aux frontières, à renforcer leur préparation et à poursuivre la coopération régionale afin de prévenir une propagation transfrontalière du virus.
Le Comité d’urgence du Règlement sanitaire international (RSI) doit se réunir le 18 août prochain afin de réévaluer la situation épidémiologique et les recommandations internationales face à cette flambée historique d’Ebola causée par le virus Bundibugyo.
