À Goma, les acteurs environnementaux intensifient les initiatives de reboisement et de sensibilisation communautaire pour lutter contre la désertification et la sécheresse, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la désertification et la sécheresse célébrée ce 17 juin. Dans une ville confrontée à une hausse des températures, à la pression démographique et à une urbanisation rapide, ces actions sont présentées comme des leviers essentiels de résilience écologique.
Les organisations environnementales locales, dont Ecologie et Développement (EcoD Grands Lacs), mettent en avant la mobilisation citoyenne comme facteur clé de réussite. Pour Simon Pierre Alissa, coordonnateur de cette organisation, la dynamique actuelle repose sur une implication croissante de la population, en particulier des jeunes.
« Le reboisement est devenu une priorité. Nous observons avec satisfaction une jeunesse active qui se mobilise pour planter des arbres, entraînant dans son sillage des citoyens issus de tous horizons », explique-t-il.
Au-delà de la simple plantation d’arbres, les initiatives locales s’appuient également sur la sensibilisation pour lutter contre les causes profondes de la dégradation des terres, notamment la déforestation liée à la consommation de bois de chauffe. Cette approche vise à transformer les comportements afin de préserver durablement les ressources naturelles.
Selon les acteurs environnementaux, la situation actuelle résulte d’une combinaison de facteurs, notamment les effets du changement climatique, l’augmentation des gaz à effet de serre et surtout la déforestation, qui fragilise fortement le microclimat de la région.
« Le changement climatique, couplé à l’augmentation des gaz à effet de serre, aggrave les conditions locales, mais l’impact direct de la déforestation sur notre microclimat est indéniable », souligne Simon Pierre Alissa.
Les organisations appellent également à une meilleure protection des espaces naturels, en particulier le Parc national des Virunga, considéré comme un élément central de l’équilibre écologique régional. Elles estiment que la lutte contre la désertification ne peut être efficace sans une coordination entre les autorités, la société civile et les communautés locales.
« La lutte contre la désertification ne peut être l’affaire de quelques structures isolées. Il faut une synergie entre les autorités, les organisations et chaque citoyen », plaide le responsable d’EcoD Grands Lacs.
Instituée par les Nations Unies en 1994, la Journée internationale de lutte contre la désertification et la sécheresse rappelle l’urgence de restaurer les terres dégradées. À Goma, cette problématique est désormais perçue comme un enjeu de survie environnementale, dans un contexte où la transition vers une ville plus verte apparaît comme une nécessité plutôt qu’une option.
