L’épidémie de maladie à virus Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo (RDC). Selon le dernier rapport de situation publié par les autorités sanitaires, le cumul des cas confirmés atteint désormais 4.053 dans cinq provinces affectées, contre 1.850 décès et 793 guérisons. Au cours des dernières vingt-quatre heures, l’épidémie s’est étendue à deux nouvelles zones de santé, portant à 53 le nombre de zones touchées sur les 140 que compte le pays
Les nouvelles zones concernées sont Gombari, dans la province du Haut-Uélé, et Bafwasende, dans la Tshopo. Les autorités précisent que ces deux nouveaux foyers sont liés à l’axe Nia-Nia, en Ituri, qui demeure l’épicentre de l’épidémie avec 86,9 % des cas confirmés enregistrés à l’échelle nationale.
Au total, cinq provinces restent concernées par la flambée épidémique : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo.
En Ituri, 28 zones de santé sur 36 sont affectées, à savoir Aru, Aungba, Bambu, Bunia, Damas, Drodro, Gety, Kilo, Komanda, Lita, Logo, Mambasa, Mangala, Mongbwalu, Nizi, Nyankunde, Rimba, Rwampara, Tchomia, Kambala, Nia-Nia, Fataki, Mandima, Lolwa, Boga, Ariwara, Mahagi et Adja.
Au Nord-Kivu, l’épidémie concerne toujours 12 zones de santé sur 34 : Beni, Butembo, Goma, Kalunguta, Katwa, Kyondo, Oicha, Vuhovi, Mabalako, Masereka, Musienene et Lubero.
Le Sud-Kivu demeure limité à une seule zone de santé affectée, celle de Miti-Murhesa, qui totalise désormais 70 jours sans nouveau cas confirmé.
Le Haut-Uélé compte désormais six zones de santé touchées sur treize, avec l’apparition de Gombari aux côtés de Boma Mangbetu, Isiro, Pawa, Rungu et Wamba.
Dans la province de la Tshopo, six zones de santé sur vingt-trois sont désormais concernées : Bafwasende, Kabondo, Lubunga, Makiso-Kisangani, Mangobo et Wanie-Rukula.
Les autorités sanitaires recensent actuellement 694 patients en isolement ou hospitalisés. Le nombre cumulé de personnes guéries atteint 793, tandis que le nombre total de décès parmi les cas confirmés s’élève à 1.850, soit un taux global de létalité de 45,7 %.
Le suivi des contacts poursuit son amélioration. Le taux national atteint désormais 77,7 %, contre 75,3 % la veille.
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Le Sud-Kivu conserve un taux de suivi de 100 %, tandis que la Tshopo atteint 80 % et l’Ituri 79,3 %, où 358 nouveaux contacts ont été identifiés au cours des dernières vingt-quatre heures.
Les performances de la surveillance épidémiologique restent également soutenues.
Selon le rapport, 1.158 alertes ont été investiguées sur les 1.288 reçues, soit un taux d’investigation de 90,3 %, avec une performance de 98,6 % au Nord-Kivu.
Les essais cliniques PARTNERS et EBO-PEP se poursuivent parallèlement dans la province de l’Ituri afin de renforcer les connaissances scientifiques et les stratégies de riposte.
Sur le plan de la prise en charge médicale, 17 nouvelles guérisons ont été enregistrées au cours de la dernière journée, portant le nombre total de patients rétablis à 793.
Les capacités sanitaires continuent également d’être renforcées avec la poursuite des travaux des centres de traitement Ebola de Musienene et Beni, le démarrage du chantier d’un centre de grande capacité en Tshopo avec l’appui de Médecins Sans Frontières (MSF), ainsi que l’acquisition de trois nouvelles ambulances destinées à la province du Haut-Uélé.
Les activités de coordination se poursuivent également dans les différentes provinces touchées.
Au Haut-Uélé, six nouvelles décisions opérationnelles ont été arrêtées, notamment la création d’un centre de quarantaine sur l’axe Nia-Nia–Wamba, l’activation de 33 points de contrôle (PoC) et de 5 points d’entrée (PoE), ainsi que la dotation de 249 kits Starlink destinés à améliorer les communications dans les zones de riposte.
Les activités de communication des risques demeurent soutenues.
En Ituri, plus de 3.400 personnes ont été sensibilisées au cours des dernières vingt-quatre heures.
Au Nord-Kivu, 17 rumeurs ont été identifiées puis clarifiées afin de lutter contre la désinformation.
À travers les cinq provinces touchées, 36 radios communautaires poursuivent leur mobilisation dans les campagnes de sensibilisation.
Les opérations de contrôle sanitaire aux points d’entrée et de contrôle affichent également une couverture élevée, avec 97,2 % des voyageurs soumis au dépistage sanitaire.
Par ailleurs, les autorités sanitaires suivent de près un cas suspect signalé dans la province de la Mongala.
Dans un communiqué conjoint, les ministres de la Santé publique ainsi que de la Communication et Médias appellent la population « au calme et à la vigilance face à la désinformation ».
Selon les autorités, dès la notification de ce cas suspect, des équipes de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) ont été immédiatement déployées afin de procéder aux prélèvements nécessaires sur la personne décédée ainsi que sur les passagers du bateau concernés.
À ce stade, les autorités précisent qu’« aucune autre personne n’a présenté de symptômes et aucun autre décès n’a été enregistré ».
Les résultats des analyses de laboratoire seront communiqués dès leur disponibilité.
En attendant ces résultats, le Gouvernement appelle la population à faire preuve de responsabilité.
« Il est essentiel de s’informer uniquement à travers les canaux officiels et d’éviter de relayer des informations non vérifiées susceptibles d’alimenter la désinformation », insistent les autorités sanitaires.
Face à une épidémie qui poursuit son extension géographique tout en mobilisant d’importants moyens de riposte, le Gouvernement réaffirme que la surveillance, le suivi des contacts, la détection précoce des cas et l’engagement communautaire demeurent les principaux leviers pour interrompre la transmission du virus.
