L’épidémie d’Ebola continue d’évoluer en République démocratique du Congo, où les autorités sanitaires recensent désormais 3.973 cas confirmés, 1.801 décès et 776 guérisons dans cinq provinces affectées. Alors que la riposte se renforce sur le terrain avec l’ouverture de nouvelles capacités de prise en charge et une amélioration de la surveillance, les États-Unis ont annoncé un financement additionnel de 242 millions de dollars américains, portant leur contribution totale à plus de 512 millions de dollars.
Selon le dernier rapport du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP) et de l’Institut national de santé publique (INSP), publié le 5 août 2026, l’épidémie demeure circonscrite à 51 zones de santé réparties dans cinq provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo.
L’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie
Les données actualisées indiquent que l’Ituri demeure la province la plus affectée, concentrant près de 87,1 % des cas cumulés. Aucune nouvelle zone de santé n’a été touchée au cours des dernières vingt-quatre heures, un indicateur considéré comme encourageant par les équipes de riposte.
Au total, la RDC enregistre 3.973 cas confirmés, 674 patients en isolement ou hospitalisés, 776 guérisons, dont 27 nouvelles enregistrées en vingt-quatre heures, 1.801 décès, soit un taux de létalité de 45,3 %, 75,3 % de suivi des contacts au niveau national.
Les autorités précisent toutefois que ces chiffres demeurent susceptibles d’être ajustés à la suite des opérations de nettoyage, de reclassification et d’harmonisation de la base nationale DHIS2.
Les capacités de prise en charge continuent de s’étendre
La riposte poursuit son renforcement avec l’inauguration du Centre de traitement Ebola (CTE) de Rwankole, en Ituri, doté d’une capacité de 120 lits.
Parallèlement, les travaux de construction des centres de traitement de Musienene et de Beni, au Nord-Kivu, se poursuivent, tandis que le CTE d’Isiro, dans le Haut-Uélé, continue d’être progressivement équipé afin d’améliorer la capacité nationale de prise en charge.
Les autorités sanitaires soulignent également qu’aucun nouveau cas n’a été enregistré parmi les personnels de première ligne et que 100 % des sites nécessitant une décontamination en Ituri ont été assainis.
La surveillance demeure intense
Au cours des dernières vingt-quatre heures, 876 alertes sanitaires ont été investiguées, confirmant le maintien d’un dispositif de surveillance particulièrement actif.
Les laboratoires restent pleinement opérationnels dans les provinces touchées afin d’assurer un diagnostic rapide des cas suspects.
Le rapport souligne également la première guérison enregistrée dans la province du Haut-Uélé, une évolution jugée encourageante pour cette province récemment affectée.
Au Sud-Kivu, la situation reste stable. La seule zone de santé concernée, Miti-Murhesa, totalise désormais 56 jours sans nouveau cas confirmé, illustrant l’efficacité des mesures de surveillance et de suivi.
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Plus de 12.000 personnes sensibilisées en une journée
Les activités de communication communautaire demeurent un pilier majeur de la riposte.
Au cours des dernières vingt-quatre heures plus de 12.000 personnes ont été sensibilisées aux mesures de prévention, 36 radios communautaires ont diffusé des messages de sensibilisation, 16 rumeurs liées à Ebola ont été identifiées puis clarifiées afin de lutter contre la désinformation, 96,6 % des voyageurs ont été soumis au dépistage sanitaire aux différents points d’entrée et de contrôle.
Les autorités considèrent l’engagement communautaire comme un élément déterminant pour interrompre les chaînes de transmission.
Les États-Unis injectent 242 millions de dollars supplémentaires
En soutien aux efforts de la RDC, les États-Unis ont annoncé un financement additionnel de 242 millions de dollars américains, portant leur contribution globale à plus de 512 millions de dollars depuis le début de la riposte.
Dans un communiqué officiel, le Département d’État américain explique que cette enveloppe répond aux besoins urgents identifiés par les autorités sanitaires congolaises et les partenaires internationaux.
Selon Washington, ces ressources serviront notamment à renforcer le dépistage aux frontières et aux points d’entrée stratégiques, améliorer la prise en charge médicale des patients, soutenir les équipes de riposte sur le terrain, intensifier les campagnes de communication des risques et de sensibilisation afin de lutter contre la désinformation.
Plus de 8,6 millions de dépistages déjà réalisés
Le gouvernement américain souligne que son appui a déjà permis d’obtenir des résultats significatifs.
Les programmes financés par Washington ont notamment contribué à réaliser plus de 8,6 millions de dépistages, sensibiliser plus d’un million de personnes aux mesures de prévention, soutenir 180 centres de santé, renforcer les capacités diagnostiques de 11 laboratoires de référence.
Les autorités américaines saluent également les dispositifs de surveillance mis en œuvre par l’Ouganda afin de limiter la propagation transfrontalière du virus.
Une mobilisation internationale toujours nécessaire
Malgré les progrès enregistrés dans la surveillance, la prise en charge des patients et la communication communautaire, les autorités sanitaires rappellent que la lutte contre Ebola reste confrontée à plusieurs défis, notamment la mobilité des populations, l’insécurité dans certaines zones touchées, la persistance des résistances communautaires ainsi que l’insuffisance du suivi des contacts dans plusieurs provinces.
Washington appelle ainsi les autres partenaires internationaux à renforcer leur engagement financier et technique afin de soutenir durablement les efforts du gouvernement congolais.
Pour les autorités sanitaires, seule une mobilisation coordonnée des pouvoirs publics, des partenaires internationaux, des communautés locales et des acteurs humanitaires permettra de mettre définitivement fin à cette dix-septième épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo.
