L’épidémie de maladie à virus Ebola continue d’avoir de lourdes répercussions sur le système de santé en province de l’Ituri. L’UNICEF s’inquiète de la baisse significative du recours aux services de santé essentiels dans plusieurs zones touchées, une situation qui expose davantage les enfants et les femmes aux maladies évitables.
Dans une alerte rendue publique, l’agence des Nations unies pour l’enfance indique que la peur de la contamination par le virus Ebola ainsi que les perturbations liées aux opérations de riposte dissuadent de nombreuses familles de se rendre dans les structures sanitaires. Cette situation compromet la continuité des soins de santé de base et pourrait aggraver la crise sanitaire au-delà de l’épidémie elle-même.
Selon l’UNICEF, cette baisse de fréquentation affecte notamment la prise en charge des maladies courantes, les programmes de vaccination, les consultations prénatales ainsi que les soins destinés aux nourrissons et aux enfants.
Les données recueillies par l’organisation montrent une diminution importante de la fréquentation des centres de santé dans plusieurs zones de santé de l’Ituri, notamment à Bunia, Mongbwalu, Nizi et Rwampara, parmi les plus touchées par l’épidémie.
L’UNICEF souligne qu’à Mongbwalu, la vaccination contre la rougeole a enregistré une baisse préoccupante, augmentant ainsi le risque d’apparition de nouvelles flambées de cette maladie pourtant évitable par la vaccination.
L’organisation estime que les enfants figurent parmi les premières victimes indirectes de l’épidémie.
« Les conséquences indirectes d’Ebola peuvent aggraver la situation sanitaire si les familles continuent à renoncer aux soins essentiels par peur du virus », prévient l’agence onusienne.
Face à cette situation, l’UNICEF appelle les autorités sanitaires et leurs partenaires à renforcer les activités de communication et de sensibilisation afin de restaurer la confiance des communautés envers les structures de santé.
L’organisation recommande notamment d’intensifier les campagnes d’information pour rassurer les populations sur les mesures de prévention mises en place dans les établissements de santé et encourager les familles à reprendre le recours aux services médicaux essentiels.
L’agence insiste également sur la nécessité de garantir la continuité des services de santé de base, notamment la vaccination systématique des enfants, les consultations prénatales, les soins pédiatriques et la prise en charge des maladies courantes.
Pour l’UNICEF, la riposte contre Ebola ne doit pas se limiter à interrompre la transmission du virus. Elle doit également permettre d’assurer le maintien des services de santé essentiels afin d’éviter qu’une crise sanitaire plus large ne vienne s’ajouter aux conséquences déjà lourdes de l’épidémie dans la province de l’Ituri.
Alors que les autorités sanitaires poursuivent les efforts de surveillance, de dépistage et de prise en charge des cas d’Ebola, l’organisation rappelle que la protection des enfants passe également par un accès continu aux soins de santé de base, indispensable pour prévenir une augmentation de la mortalité liée à d’autres maladies évitables.
