La mise en œuvre du salongo hebdomadaire dans la commune rurale de Bulambika, en territoire de Kalehe, suscite des préoccupations chez certains habitants. Si les travaux communautaires visent l’assainissement des quartiers et l’entretien des routes, plusieurs témoignages font état de tracasseries présumées lors du contrôle des jetons de participation.
Selon le bourgmestre de Bulambika, Bashirongo Kabateka Isaac, le salongo est organisé chaque mardi, de 7 heures à 11 heures. Les travaux portent principalement sur l’entretien des routes et l’assainissement des différents quartiers.
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À la fin des travaux, chaque participant doit recevoir un jeton attestant sa participation. Pendant les heures réservées au salongo, les activités commerciales sont également suspendues. Magasins, boutiques et pharmacies sont notamment appelés à fermer afin de permettre aux habitants de participer aux travaux communautaires.
Des contrôles qui suscitent des plaintes
Les inquiétudes portent principalement sur les modalités de contrôle des jetons.
Plusieurs habitants affirment que des personnes présentées localement comme des Wazalendo procèdent à des contrôles dans différents quartiers pour identifier ceux qui ne disposent pas de jeton. Selon plusieurs témoignages, ces contrôles seraient parfois accompagnés de demandes d’argent, dont les montants varieraient selon les situations.
Un jeune habitant de Malinde raconte notamment avoir été interpellé alors qu’il rentrait chez lui après avoir participé aux travaux communautaires.
« Nous avions d’abord fait le salongo au centre avant que le chef de quartier nous demande de poursuivre les travaux à Malinde. Nous avons terminé et, sur le chemin du retour, j’ai rencontré des Wazalendo qui m’ont demandé mon jeton. Comme je n’en avais pas, ils m’ont arrêté. »
Selon son témoignage, il aurait ensuite été conduit auprès d’un commandant après avoir été frappé à plusieurs reprises avec des fouets.
« Ils m’ont frappé avant de m’emmener chez leur commandant. Lorsque je lui ai expliqué que j’avais participé au salongo mais que je n’avais pas reçu le jeton, il a compris la situation et m’a laissé partir. »
Le jeune homme affirme également qu’une somme de 5.000 francs congolais lui aurait été réclamée lors de cette interpellation. Il indique qu’une partie de cette somme aurait finalement servi à réparer une casquette endommagée pendant l’incident.
Remettre les jetons immédiatement
Pour cet habitant, une solution consisterait à remettre systématiquement les jetons aux participants immédiatement après les travaux afin d’éviter qu’ils soient considérés comme absents lors des contrôles.
« Lorsque quelqu’un termine le salongo, qu’on lui donne son jeton sur-le-champ afin qu’il ne soit pas tracassé lors de son retour », recommande-t-il.
Il appelle également les personnes chargées des contrôles à faire preuve de retenue et à éviter toute forme de violence à l’égard de la population.
Ces témoignages posent ainsi la question de l’encadrement des opérations de contrôle du salongo. Des acteurs locaux estiment que les travaux communautaires, même lorsqu’ils répondent à un objectif d’intérêt général, devraient être organisés dans un cadre transparent et respectueux de la dignité et de l’intégrité physique des habitants.
Ils recommandent notamment que les modalités de participation, les éventuelles sanctions et l’identité des personnes habilitées à effectuer les contrôles soient clairement définies, afin de prévenir les abus, les violences et d’éventuelles pratiques d’extorsion.
