Des organisations de défense des droits humains et de défense des communautés de Lomami ont organisé, mardi 25 août 2026 à Kinshasa, une marche pacifique pour réclamer justice dans une affaire portant sur la saisie présumée d’un diamant vert de plus de 75 carats. Les manifestants demandent notamment la restitution de la pierre ou, à défaut, le paiement de sa contre-valeur légalement établie, ainsi que la protection d’Albert Ngoyi Bwilu et de sa famille, qui disent faire face à des menaces.
À l’initiative de l’ASBL Dynamique pour le Développement de Lomami (DDLomami), avec notamment les organisations ERND et LPGL, la mobilisation avait pour point de rassemblement Kintambo Magasin, dans la commune de Ngaliema.
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Les manifestants se sont ensuite dirigés vers plusieurs institutions, notamment le bureau national de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), le ministère des Mines et le Palais de la Nation, où ils ont voulu porter leurs revendications auprès des autorités.
Selon le communiqué d’appel à la mobilisation, cette marche avait pour objectif de réclamer « justice, protection et réparation », notamment autour d’un diamant vert de plus de 75 carats dont la valeur est estimée par les organisateurs à plus de 100 millions de dollars américains.
Une affaire qui remonte à 2022
Les organisations à l’origine de la mobilisation affirment accompagner Albert Ngoyi Bwilu, présenté comme un exploitant artisanal reconnu par les services de l’État, défenseur des droits miniers et membre de la société civile dans la province de Lomami.
Dans une correspondance adressée aux autorités de Kinshasa, les organisations affirment que son diamant vert de plus de 75 carats aurait été saisi en août 2022 par les autorités provinciales de l’époque.
Elles soutiennent que différentes démarches administratives et judiciaires entreprises depuis lors n’auraient pas permis de régler le dossier.
Les organisateurs demandent ainsi la restitution du diamant ou, à défaut, le paiement de sa contre-valeur conformément aux dispositions légales applicables.
Des menaces dénoncées contre le propriétaire
Au-delà de la question de la pierre précieuse, les organisations disent également s’inquiéter de la sécurité d’Albert Ngoyi Bwilu, de sa famille et de certaines personnes qui l’accompagnent.
Selon elles, l’affaire aurait été suivie de menaces, de tentatives de mort ainsi que de violences et voies de fait visant l’exploitant artisanal et son entourage.
Face à cette situation, les manifestants demandent aux autorités de prendre des mesures afin d’assurer leur protection et de permettre l’examen du dossier dans un cadre légal.
Des institutions saisies
La marche avait été annoncée aux autorités de Kinshasa dans une correspondance datée du 21 août 2026. Celle-ci avait notamment été adressée au gouverneur de Kinshasa et transmise pour information au ministère de l’Intérieur, au ministère de la Justice, à la CNDH, au Conseil national de sécurité, à l’ANR, à l’état-major général des FARDC, à la Garde républicaine et à l’Inspection générale de la Police.
Les organisateurs affirment avoir choisi une démarche pacifique, citoyenne et institutionnelle, fondée sur la défense des droits et des intérêts qu’ils considèrent comme légitimes.
Au cours de la mobilisation, ils ont notamment demandé que les autorités compétentes examinent les circonstances dans lesquelles le diamant aurait été saisi et se prononcent sur les démarches entreprises depuis 2022.
Les autorités appelées à faire la lumière
Les organisations à l’origine de la marche estiment que l’affaire ne concerne pas uniquement Albert Ngoyi Bwilu, mais soulève également des questions plus larges relatives à la protection des droits des communautés locales et des peuples autochtones, ainsi qu’à la gestion des ressources naturelles.
Elles demandent davantage de transparence dans le traitement des dossiers miniers et un règlement conforme au droit.
Les organisateurs indiquent par ailleurs que les institutions rencontrées au cours de la mobilisation se sont engagées à transmettre le dossier aux instances compétentes afin qu’il soit examiné et qu’une suite lui soit réservée.
Les accusations formulées par les organisateurs, notamment concernant les circonstances de la saisie du diamant, les responsabilités éventuelles et les menaces dénoncées, restent toutefois à être établies par les autorités et les instances judiciaires compétentes. Les versions des autorités provinciales et des services impliqués dans la saisie n’ont pas été recueillies dans les éléments disponibles.
Pour les manifestants, l’objectif demeure désormais d’obtenir une réponse officielle sur le dossier, la situation d’Albert Ngoyi Bwilu et de sa famille, ainsi que sur les engagements pris par les différentes institutions saisies.
