Une nouvelle alerte est lancée sur la dégradation de l’environnement autour du Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. À Katasomwa, dans le groupement de Mubuku, la déforestation liée notamment à la coupe de bois et à la carbonisation, ainsi que des feux de brousse, sont signalés comme des menaces pour la couverture végétale et les habitats naturels.
Selon la Société civile de Kalehe, plusieurs collines de cette zone sont fortement dénudées à la suite de la coupe de bois et de la production de charbon de bois. Des feux de brousse ont également été observés dans certaines parties de Katasomwa.
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Safari Enakashesha Joseph, président de la Société civile de Kalehe, alerte sur l’ampleur de cette dégradation et estime que la multiplication de ces activités exerce une pression supplémentaire sur un espace naturel déjà confronté à plusieurs défis de conservation.
Les feux de brousse inquiètent
Les feux de brousse constituent une menace supplémentaire dans les zones déjà fragilisées par la disparition du couvert végétal. Leur propagation peut détruire la végétation et les jeunes plants, tout en affectant les habitats naturels.
À Katasomwa, la Société civile craint que la répétition de ces incendies ne compromette progressivement la capacité des espaces forestiers à se régénérer. La disparition de la végétation peut également exposer davantage les sols à l’érosion et au ruissellement lors des fortes pluies.
La dégradation des habitats peut par ailleurs affecter la faune en réduisant les espaces disponibles pour l’alimentation et l’abri des espèces sauvages.
Le PNKB constitue notamment un habitat important pour le gorille de Grauer, une sous-espèce de gorille des plaines orientales. L’UNESCO présente le parc comme un site d’une grande importance pour la protection des forêts tropicales et de cette espèce.
Un parc déjà confronté à plusieurs pressions
L’alerte de Katasomwa intervient dans un contexte où le PNKB fait déjà face à plusieurs menaces documentées.
Dans son état de conservation publié en 2025, l’UNESCO cite notamment les activités illégales, la chasse commerciale, l’exploitation minière, la modification du régime des sols et les troubles civils parmi les facteurs affectant le parc. La déforestation et le braconnage figurent également parmi les menaces ayant conduit au maintien du site sur la Liste du patrimoine mondial en péril.
Le Comité du patrimoine mondial a décidé en 2025 de maintenir le PNKB sur cette liste et a notamment demandé à la RDC de poursuivre les mesures de restauration des habitats dégradés et de renforcer les stratégies de conservation.
L’UNESCO souligne par ailleurs l’importance de la coopération avec les communautés riveraines pour renforcer la conservation du parc.
Des conséquences qui dépassent la forêt
Pour la Société civile de Kalehe, la dégradation du couvert végétal ne concerne pas uniquement les arbres. Elle peut également avoir des conséquences sur les sols, les cours d’eau, les habitats de la faune et, à terme, les communautés qui dépendent des ressources naturelles.
La disparition de la végétation peut favoriser l’érosion et rendre certaines collines plus vulnérables au ruissellement lors des fortes pluies. La destruction des habitats peut également pousser les animaux à se déplacer vers d’autres espaces.
Dans l’axe Lemera-Katasomwa, les actions de conservation comprennent notamment la sensibilisation des communautés afin de limiter la déforestation et le suivi de l’évolution des habitats.
La Société civile appelle à une intervention
Face à cette situation, la Société civile de Kalehe appelle les services compétents à renforcer la surveillance des zones exposées, à lutter contre les feux incontrôlés et à intensifier la sensibilisation des populations riveraines.
Safari Enakashesha Joseph demande également une intervention des autorités et des acteurs engagés dans la conservation du PNKB afin de limiter la coupe de bois, la carbonisation, les feux de brousse et la chasse.
La Société civile sollicite notamment l’implication de la direction provinciale de l’ICCN, de la direction du PNKB ainsi que des partenaires techniques intervenant dans la conservation, notamment la Wildlife Conservation Society (WCS) et l’UNESCO.
L’enjeu, selon les acteurs locaux, est désormais de préserver les espaces encore intacts, restaurer les zones déjà dégradées et réduire les activités qui accélèrent la disparition du couvert forestier.
Classé au patrimoine mondial depuis 1980, le PNKB figure sur la Liste du patrimoine mondial en péril depuis 1997. L’UNESCO maintient actuellement le site sur cette liste.
À Katasomwa, l’alerte de la Société civile remet ainsi en lumière les pressions qui s’exercent sur les espaces forestiers et la nécessité de renforcer les efforts de conservation autour du parc.
