Affaire COMEDECOM : Ghyslain Buhendwa dénonce une spoliation minière et une détention arbitraire

Ghyslain Buhendwa Burhabale

Ghyslain Buhendwa Burhabale, gérant statutaire de la société minière COMEDECOM SARL, est détenu à la prison centrale de Makala depuis plusieurs mois, selon les documents transmis par ses avocats. Il dénonce une détention qu’il estime arbitraire et accuse Daniella Kamu­ania Lusangu et Sylvanus Mushi Bonane d’avoir pris le contrôle de son site minier à Kambove, dans la province du Haut-Katanga. Ces accusations sont formulées dans des correspondances adressées à plusieurs autorités congolaises et diplomatiques.

Dans une lettre datée du 10 août 2026, Ghyslain Buhendwa Burhabale sollicite l’intervention du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, pour obtenir le rétablissement de ce qu’il considère comme ses droits et sa remise en liberté. Son avocat, Me John Ngalamulume, a ensuite transmis cette correspondance à la présidence de la République par une lettre datée du 14 septembre 2026.

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Le dossier porte à la fois sur un différend relatif à l’exploitation d’un périmètre minier, des condamnations judiciaires contestées par l’intéressé et des accusations de menaces et d’occupation forcée du site.

COMEDECOM SARL invoque son partenariat avec la Gécamines

Selon les documents communiqués par Ghyslain Buhendwa Burhabale, COMEDECOM SARL est liée à la Gécamines SA dans le cadre d’un contrat d’amodiation portant sur un périmètre minier situé à Kambove, dans la province du Haut-Katanga.

L’intéressé affirme que sa société a respecté ses obligations contractuelles, notamment le paiement de 1.215.000 dollars américains au titre du pas-de-porte et des royalties. Il indique également avoir investi dans les travaux de découverture du site et dans la construction d’environ 27 kilomètres de route.

Il affirme par ailleurs avoir versé une caution de 150.000 dollars au gouvernorat du Haut-Katanga pour obtenir l’autorisation de construire cette route.

Ces montants et investissements sont avancés par le responsable de COMEDECOM SARL. Leur vérification nécessite notamment l’examen du contrat d’amodiation, des preuves de paiement et des documents administratifs relatifs au périmètre concerné.

Les correspondances évoquent le permis d’exploitation PE 2354.

Des accusations d’occupation forcée du site minier

Dans ses lettres, Ghyslain Buhendwa Burhabale accuse Daniella Kamu­ania Lusangu et Sylvanus Mushi Bonane d’avoir pris le contrôle de la mine avec l’intervention présumée de militaires armés.

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Il affirme que des hommes armés seraient intervenus sur le site, auraient tiré des coups de feu, pillé des biens et brutalisé des partenaires chinois de son entreprise. Il soutient également que les personnes qu’il met en cause exploiteraient le périmètre minier sans droit légitime.

Le responsable de COMEDECOM SARL affirme que ces événements seraient intervenus après les investissements réalisés par son entreprise pour rendre le site accessible et exploitable.

Il accuse en outre les personnes citées de se prévaloir de liens avec la famille présidentielle afin d’exercer une influence sur les institutions judiciaires et administratives.

Une détention et des condamnations contestées

Ghyslain Buhendwa Burhabale affirme avoir été condamné à 17 ans de prison à l’issue de procédures qu’il conteste. Selon ses déclarations, deux jugements par défaut auraient été rendus contre lui sans qu’il ait pu présenter sa défense dans les conditions prévues par la loi.

Il indique avoir introduit des oppositions contre ces décisions judiciaires afin de faire valoir ses arguments. Il déplore également le rejet de sa demande de mise en liberté provisoire par le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe, qu’il estime insuffisamment motivé.

L’intéressé qualifie sa détention d’arbitraire et d’illégale. Toutefois, les pièces communiquées ne comprennent pas l’intégralité des décisions judiciaires concernées, les actes de procédure ni les motifs retenus par les juridictions. Il n’est donc pas possible, sur cette seule base, de déterminer la régularité de la procédure ou le bien-fondé des condamnations contestées.

Ces éléments appellent des éclaircissements de la part des autorités judiciaires compétentes, notamment sur les décisions rendues, les voies de recours engagées et la situation procédurale actuelle du détenu.

Des appels adressés aux autorités congolaises et diplomatiques

Face à ce qu’il présente comme une menace pour sa sécurité et celle de sa famille, Ghyslain Buhendwa Burhabale affirme avoir saisi plusieurs autorités, dont le président de la République, les ministres de la Justice, des Droits humains et des Mines, ainsi que des représentants des Nations unies en République démocratique du Congo.

Il a également adressé une correspondance à l’ambassadeur des États-Unis en RDC, sollicitant une assistance face aux menaces qu’il dit subir et une intervention en faveur de la protection de ses droits.

Dans cette lettre, il demande notamment que les faits dénoncés soient examinés et que les responsabilités soient établies. Il affirme craindre pour sa vie et celle de ses proches.

Des clarifications attendues

L’affaire COMEDECOM SARL soulève plusieurs questions relatives aux droits miniers revendiqués par l’entreprise, aux circonstances de la prise de contrôle alléguée du site et aux procédures judiciaires ayant conduit à la détention de son gérant.

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L’examen du contrat d’amodiation, des titres miniers, des justificatifs de paiement et des décisions judiciaires apparaît nécessaire pour établir les faits et déterminer les droits de chaque partie.

Les versions de Daniella Kamu­ania Lusangu, de Sylvanus Mushi Bonane, de la Gécamines SA et des autorités judiciaires concernées seraient également nécessaires pour éclairer les différents aspects du dossier.

Pour l’instant, nos efforts pour entrer en contact avec l’autre partie sont restés vains.

Jean-Luc M.

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