Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) met en garde contre les répercussions économiques et sociales de l’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit en République démocratique du Congo. Dans un rapport publié mardi, l’agence onusienne estime que cette crise dépasse le seul cadre sanitaire et risque de freiner durablement le développement du pays ainsi que celui de plusieurs États voisins.
Selon le PNUD, près d’un million de personnes pourraient basculer dans la pauvreté si l’épidémie continue de s’étendre. Les pertes économiques pourraient, quant à elles, se chiffrer à plusieurs milliards de dollars à l’échelle du continent africain.
Le rapport souligne que l’épidémie actuelle, provoquée par la souche Bundibugyo, pour laquelle il n’existe à ce jour ni vaccin homologué ni traitement spécifique, constitue un véritable « choc régressif de pauvreté » pour la RDC, mais également pour les pays voisins tels que l’Ouganda, le Rwanda et le Soudan du Sud.
Le PNUD explique que les mesures de riposte, notamment les quarantaines, les restrictions de circulation et les limitations des échanges, perturbent fortement les activités économiques et les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables.
« Ebola ne s’arrête pas aux portes des hôpitaux », souligne le rapport, qui estime que l’épidémie affecte également les secteurs de l’éducation, de la sécurité alimentaire, du commerce, des finances publiques ainsi que la confiance des populations et des investisseurs.
Cette alerte intervient alors que l’épidémie poursuit sa progression en République démocratique du Congo. Les autorités sanitaires ont récemment confirmé l’apparition de cas dans une quatrième province, le Haut-Uélé, après l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Selon les données reprises dans le rapport, la flambée déclarée le 15 mai 2026 avait déjà enregistré 1 274 cas et 360 décès au moment de sa publication. L’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie avec 1 165 cas recensés et 301 décès.
Sur le plan économique, le PNUD estime que même dans l’hypothèse d’une maîtrise rapide de l’épidémie en RDC et en Ouganda, les conséquences resteront importantes. Le pays pourrait enregistrer une perte de plus d’un milliard de dollars de produit intérieur brut (PIB) réel et environ 55 000 emplois pourraient disparaître.
À l’échelle africaine, les perturbations des échanges commerciaux, les restrictions aux frontières, les difficultés de transport et la baisse de la confiance des consommateurs pourraient entraîner une perte estimée à 2,37 milliards de dollars de PIB.
Face à cette situation, le PNUD recommande une réponse qui associe les mesures de santé publique aux politiques de développement. L’agence plaide notamment pour un renforcement des aides financières destinées aux ménages les plus vulnérables, la mise en place de contrôles sanitaires ciblés aux frontières plutôt que des fermetures généralisées, ainsi que le maintien des services essentiels, en particulier ceux liés à la santé maternelle et infantile.
Selon le PNUD, une approche intégrée est indispensable afin de limiter les effets durables de l’épidémie sur l’économie, les conditions de vie des populations et les perspectives de développement de la République démocratique du Congo.
