Ebola en RDC: près de 2.250 cas confirmés, la riposte se renforce dans cinq provinces touchées

Virus d'Ebola
Virus d'Ebola

L’épidémie de la maladie à virus Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo, où les autorités sanitaires intensifient les efforts de riposte dans les cinq provinces affectées : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé et la Tshopo. Les actions se concentrent sur le renforcement de la surveillance épidémiologique, la prise en charge des patients, le suivi des contacts ainsi que l’appui logistique afin de contenir la propagation de la maladie.

Selon le dernier rapport hebdomadaire de l’Institut national de santé publique (INSP), consulté par La Prunelle RDC ce lundi 20 juillet, la RDC totalise désormais 2.243 cas confirmés d’Ebola. Parmi eux, 734 patients sont actuellement en isolement ou hospitalisés, 469 personnes ont été déclarées guéries et 967 décès ont été enregistrés.

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Le rapport indique un taux de létalité de 39,9 % et un taux de suivi des contacts de 81,1 %, des indicateurs qui, selon l’INSP, traduisent le renforcement des opérations de terrain.

Les capacités de surveillance continuent également de s’améliorer. Plus de 80 % des alertes épidémiologiques sont désormais investiguées dans les 24 heures. Les structures de prise en charge demeurent opérationnelles avec plus de 700 patients suivis, tandis que le nombre de guérisons poursuit sa progression. Les autorités mettent également en avant le renforcement de la coordination multisectorielle, des laboratoires, de la logistique ainsi que des mesures de prévention et de contrôle des infections (PCI/WASH).

L’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie

La province de l’Ituri demeure la plus touchée par Ebola, concentrant plus de 90 % des cas confirmés. Les zones de santé de Bunia, Rwampara, Mongbwalu, Nizi et Nyankunde regroupent à elles seules environ 80 % des cas enregistrés depuis le début de l’épidémie.

Selon les responsables de la riposte, Bunia et Rwampara restent les principaux foyers de transmission, avec une incidence élevée et un taux de positivité compris entre 35 % et 50 %, signe que de nombreux cas pourraient encore échapper à la surveillance sanitaire.

L’OMS renforce les capacités des équipes locales

Dans les provinces touchées, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) poursuit son appui technique aux autorités sanitaires.

Dans la province de la Tshopo, l’OMS a formé 40 hygiénistes, répartis en cinq équipes dans la zone de santé de Makiso-Kisangani. Leur mission consiste à assurer la décontamination des structures sanitaires et des ménages afin d’interrompre la chaîne de transmission du virus.

En Ituri, près de 50 responsables religieux de différentes confessions ont participé à une séance d’information organisée à Aru sur les mesures de prévention et la lutte contre les rumeurs, dans le but de renforcer la confiance des communautés envers la riposte.

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Au Haut-Uélé, l’organisation a également assuré une formation intégrée de deux jours au profit de 80 cadres provinciaux, afin de renforcer les capacités locales de réponse à l’épidémie.

Le gouvernement promet la régularisation des paiements des équipes de riposte

Intervenant lors d’une conférence de presse organisée le 18 juillet 2026 à Bunia, le Dr Pierre Akilimali Zalagile, gestionnaire des incidents de la riposte, a reconnu les retards enregistrés dans le paiement des agents engagés sur le terrain.

Selon lui, ces retards s’expliquent notamment par des difficultés liées à la maîtrise des effectifs mobilisés au début de l’épidémie, à l’harmonisation du barème de rémunération ainsi qu’aux contraintes logistiques pour le transfert des fonds dans certaines zones affectées.

Le responsable a indiqué qu’un processus de digitalisation des effectifs est en cours afin de garantir un paiement transparent des intervenants. Il a également annoncé le recours progressif au paiement numérique pour faciliter les opérations dans les zones difficiles d’accès.

Le Dr Akilimali a rappelé que la prise en charge des agents de première ligne constitue une priorité pour le gouvernement et a appelé l’ensemble des partenaires à renforcer leur collaboration afin d’améliorer l’efficacité de la riposte.

Des défis sécuritaires persistent

Les responsables sanitaires soulignent que les opérations restent confrontées à un contexte sécuritaire difficile. Depuis le début de l’épidémie, quatre centres de traitement Ebola ont été attaqués par des groupes armés, perturbant la prise en charge des patients et mettant en danger le personnel de santé ainsi que les partenaires humanitaires.

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Ils insistent également sur la nécessité de préserver la neutralité de la réponse sanitaire et d’éviter toute instrumentalisation communautaire ou ethnique de la lutte contre Ebola.

Face à cette situation, l’Institut national de santé publique invite la population à demeurer vigilante et à signaler immédiatement tout cas suspect en appelant gratuitement le 151, le numéro vert dédié à la riposte contre Ebola.

Amina Kabangu

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