Les tradi-praticiens du groupement de Binza, en territoire de Rutshuru, ont célébré, lundi 31 août, la 24e Journée africaine de la médecine traditionnelle. La cérémonie s’est déroulée à Nyamilima, en présence de représentants de six centres de santé traditionnelle.
Placée sous le thème : « Rôle clé des tradi-praticiens pour couper la chaîne de transmission de la maladie à virus Ebola », cette rencontre a mis l’accent sur la prévention et la vigilance, alors qu’aucun cas d’Ebola n’est signalé dans cette zone.
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En cette période d’alerte sanitaire, le message adressé aux pratiquants de la médecine traditionnelle était sans équivoque : ne pas garder ni tenter de prendre en charge les malades présentant des symptômes suspects, mais les orienter rapidement vers les structures sanitaires appropriées.
Un appel à la vigilance face aux cas suspects
Samy Chatsi, point focal du Comité zonal du Conseil national des tradi-praticiens à Binza, a appelé ses collègues à faire preuve d’une vigilance particulière face aux patients présentant des signes pouvant être suspects.
« Nous avons célébré cette journée sous le thème : rôle clé des tradi-praticiens pour couper la chaîne de transmission de la maladie à virus Ebola. Le tradi-praticien doit vérifier si le patient présente des signes comme la fièvre élevée, les vomissements ou la fatigue intense. Dans ce cas, il l’oriente vers la structure concernée par le traitement de cette maladie », a-t-il indiqué.
Pour les participants, cette sensibilisation constitue une étape importante dans le renforcement de la collaboration entre les pratiquants de la médecine traditionnelle et les structures sanitaires modernes.
Les pratiquants s’engagent à collaborer avec les structures sanitaires
Face à ce message, les tradi-praticiens venus des six centres représentés lors de la cérémonie ont pris l’engagement d’orienter les personnes présentant des symptômes suspects vers les structures appropriées.
« Nous étions en train de travailler dans l’obscurité. Mais aujourd’hui, nous venons de comprendre que si un patient arrive avec des symptômes d’Ebola, nous devons l’orienter à l’hôpital. Avec la situation actuelle, si nous, les tradi-praticiens, trouvons un cas, nous ne le soignerons pas. L’optique est de l’envoyer à l’hôpital ou d’appeler ceux qui sont concernés pour venir prendre ce malade, car nous ne sommes pas outillés pour détecter cette maladie », ont-ils déclaré.
Cet engagement vise notamment à renforcer l’alerte précoce et à éviter que des cas suspects ne restent dans les circuits de soins traditionnels sans être signalés aux services compétents.
Un partenariat entre médecine traditionnelle et médecine moderne
L’activité a également connu la participation d’un représentant du bureau central de la zone de santé de Binza.
Sa présence a été perçue par les participants comme un signal fort du partenariat et de la collaboration entre la médecine traditionnelle et la médecine moderne dans la prévention et la réponse aux défis sanitaires.
La rencontre a ainsi permis de rappeler le rôle que peuvent jouer les tradi-praticiens, souvent proches des communautés, dans la sensibilisation, l’orientation des cas suspects et la prévention de la propagation des maladies.
Chaque 31 août, la Journée africaine de la médecine traditionnelle constitue une occasion de reconnaître la place et le rôle des tradi-praticiens au sein des communautés africaines, tout en encourageant une meilleure collaboration avec les systèmes de santé.
