RDC : la vaccination contre Ebola lancée pour les agents de première ligne dans trois provinces

RDC : l’OMS et ses partenaires renforcent la riposte contre le virus Ebola au Kasaï
Vaccin contre Ebola (Ph. Tiers)

La République démocratique du Congo a lancé, ce vendredi, une campagne de vaccination contre Ebola destinée en priorité aux personnels de santé et autres agents de première ligne dans les provinces de la Tshopo, du Bas-Uélé et du Haut-Uélé.

Le lancement de cette campagne a été conduit à Kisangani par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, dans un contexte marqué par la propagation du virus Ebola de souche Bundibugyo.

Lire aussi : Ebola en RDC : un nouveau centre de traitement ouvre à Beni

La cérémonie organisée dans le chef-lieu de la province de la Tshopo marque le début d’une opération visant à protéger en priorité les personnes les plus exposées dans le cadre de la riposte, notamment les professionnels de santé et les différents intervenants de première ligne.

La campagne devrait couvrir plusieurs zones de santé touchées par l’épidémie dans les trois provinces concernées.

Le vaccin utilisé est Ervebo. Au total, 70.000 doses ont été attribuées à la RDC par le Groupe international de coordination pour l’approvisionnement en vaccins, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé.

Sur ce stock, 50 000 doses sont destinées aux personnels de santé et aux autres agents de première ligne. Les 20.000 doses restantes seront utilisées dans le cadre d’un essai clinique de phase III.

Cette campagne intervient toutefois dans un contexte scientifique particulier. L’épidémie actuelle est provoquée par le virus Bundibugyo, tandis que le vaccin Ervebo est homologué pour prévenir la maladie à virus Ebola causée par le virus Zaïre.

L’efficacité d’Ervebo contre le virus Bundibugyo chez l’être humain n’est donc pas encore établie. À ce jour, il n’existe par ailleurs aucun vaccin homologué spécifiquement contre cette souche du virus Ebola.

L’utilisation du vaccin s’accompagne ainsi d’un important volet de recherche. Les 20.000 doses réservées à l’essai clinique devront notamment permettre d’évaluer l’impact du vaccin et de déterminer s’il peut offrir une protection contre le virus Bundibugyo.

Le choix de vacciner prioritairement les agents de première ligne s’explique par leur niveau d’exposition au virus. Médecins, infirmiers, personnels de laboratoire, agents communautaires et autres intervenants jouent un rôle essentiel dans la prise en charge des malades et la surveillance de l’épidémie, mais figurent également parmi les personnes les plus susceptibles d’être exposées.

Lire aussi : Goma : au marché Alanine, le respect des mesures barrières contre Ebola reste un défi

Pendant ce temps, l’épidémie de maladie à virus Bundibugyo continue de s’étendre dans plusieurs régions du pays.

Selon les données citées de l’Organisation mondiale de la Santé, au 12 août 2026, la RDC comptait 4.665 cas confirmés et 2.184 décès, avec des cas signalés dans 54 zones de santé réparties dans six provinces, dont la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé.

À travers cette campagne, les autorités sanitaires veulent ainsi renforcer la protection des personnes engagées au cœur de la riposte, tout en contribuant à la recherche scientifique sur l’efficacité d’Ervebo contre la souche Bundibugyo.

La vaccination constitue donc à la fois un outil de protection pour les intervenants de première ligne et une étape importante dans la recherche d’une réponse mieux adaptée à cette souche du virus Ebola.

Christelle Omoyi

1 comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.