Une étape majeure vient d’être franchie dans la lutte contre l’épidémie d’Ebola due au virus Bundibugyo (BDBV). L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a salué le lancement du tout premier essai clinique de phase 1 d’un vaccin expérimental destiné à protéger contre cette souche du virus Ebola, actuellement à l’origine d’une importante épidémie en République démocratique du Congo.
Le premier volontaire a été vacciné dans le cadre de cet essai clinique conduit par l’Oxford Vaccine Group de l’Université d’Oxford, marquant la première administration chez l’être humain du vaccin ChAdOx1 BDBV.
Tedros Adhanom Ghebreyesus salue une avancée majeure
Le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a qualifié cette étape de décisive pour le développement d’un vaccin spécifique contre le virus Ebola Bundibugyo.
« Nous saluons le début de l’essai clinique de phase 1 d’un vaccin expérimental contre la maladie à virus Ebola Bundibugyo — une étape importante pour évaluer la sécurité et les réponses immunitaires générées par le vaccin. Nous attendons avec impatience les données qui seront produites. Elles permettront d’orienter les prochaines étapes du développement du vaccin et son éventuelle utilisation. Ces données seront examinées par le Groupe consultatif technique sur les vaccins du programme R&D Blueprint de l’OMS », a déclaré le patron de l’OMS.
Un vaccin développé à partir de la technologie Oxford-AstraZeneca
Le vaccin ChAdOx1 BDBV a été développé par les scientifiques de l’Oxford Vaccine Group et du Pandemic Sciences Institute de l’Université d’Oxford.
Il repose sur la même plateforme technologique que le vaccin Oxford/AstraZeneca contre la Covid-19, dont l’utilisation aurait permis de sauver environ six millions de vies au cours de sa première année de déploiement.
Le développement du candidat vaccin a été rendu possible grâce à une collaboration internationale impliquant notamment le Serum Institute of India (SII), qui a produit le vaccin en un temps record et constitué un stock d’environ 620.000 doses en prévision des étapes suivantes de son développement.
Les essais se poursuivent
Les chercheurs poursuivront dans les prochaines semaines le recrutement et la vaccination d’autres volontaires afin d’évaluer l’innocuité du vaccin ainsi que la réponse immunitaire qu’il induit.
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Le Dr Peter Skydmore, médecin principal de l’étude, souligne que cette première vaccination constitue une étape essentielle.
« Vacciner les premiers participants d’un essai clinique chez l’être humain est toujours un moment important. Même si nous n’en sommes qu’aux premières étapes, il s’agit d’une avancée essentielle dans l’évaluation de ce vaccin chez l’homme », explique-t-il.
De son côté, Dr Katrina Pollock, investigatrice principale de l’essai, estime que cette première vaccination ouvre une nouvelle phase dans les efforts internationaux pour développer un vaccin contre Ebola Bundibugyo.
Une réponse à une épidémie toujours préoccupante en RDC
Le lancement de cet essai intervient alors que les cas d’Ebola Bundibugyo continuent d’augmenter en République démocratique du Congo.
Pour Dr. Richard Hatchett, directeur général de la Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI), qui finance le projet à hauteur de 8,6 millions de dollars américains, le besoin d’un vaccin spécifique devient de plus en plus urgent.
« Avec l’augmentation préoccupante des cas de Bundibugyo en RDC, cette épidémie ne montre aucun signe de ralentissement. Le besoin d’un vaccin contre cette souche spécifique devient chaque jour plus urgent », affirme-t-il.
L’essai clinique est financé par la CEPI dans le cadre d’un programme de développement du vaccin mené avec l’Université d’Oxford et le Serum Institute of India.
De nouvelles études prévues
Sous réserve des autorisations réglementaires, d’autres essais cliniques sont déjà en préparation, notamment en Ouganda.
Si les résultats des premières phases s’avèrent concluants, la CEPI prévoit d’accompagner les partenaires dans la réalisation des essais de phase avancée afin d’obtenir une autorisation d’utilisation d’urgence ou une homologation officielle du vaccin.
Les partenaires du projet affirment également leur engagement à garantir un accès rapide et équitable au futur vaccin pour les pays touchés par Ebola, en particulier la République démocratique du Congo.
Cette avancée scientifique intervient alors que les autorités sanitaires congolaises poursuivent les efforts de riposte contre une épidémie qui a déjà causé plusieurs milliers de cas confirmés dans cinq provinces du pays, faisant du développement d’un vaccin efficace l’un des principaux espoirs pour freiner durablement la propagation du virus.
