Journée mondiale de la prévention du suicide : Rachel Katungu appelle à briser le silence sur la santé mentale

Suicide
A fabric low poly suicide rope with slipknot placed on the white concrete wall with white space on left. 3D illustration and rendered by program Blender.

À l’occasion de la Journée mondiale de la prévention du suicide, célébrée chaque 10 septembre, la psychologue Rachel Katungu appelle à renforcer l’écoute, la solidarité et l’accès aux services de santé mentale. Elle invite notamment les personnes en situation de détresse à ne pas rester seules face à leurs difficultés et encourage leur entourage à être attentif aux signes de souffrance psychologique.

Cet appel intervient dans un contexte marqué à Bukavu par des difficultés socio-économiques et sécuritaires, qui affectent de nombreuses familles et alimentent les inquiétudes, particulièrement chez les jeunes.

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Pour Rachel Katungu, la souffrance psychologique ne doit pas être minimisée et les personnes confrontées à des difficultés financières, à des traumatismes ou à d’autres situations douloureuses doivent pouvoir demander de l’aide sans craindre la stigmatisation.

« Le suicide n’est pas une fatalité, c’est le cri d’une douleur qui n’a pas de mots pour s’exprimer. À toi qui traverses des moments sombres, ta détresse financière ou tes traumatismes ne définissent pas ta valeur. Demander de l’aide n’est jamais une faiblesse, c’est un acte de courage immense. Ne reste pas seul avec ce poids. Parle à un proche, à un médecin, à un psychologue, à un pasteur. Ta vie a de la valeur et cette crise passera », souligne-t-elle.

L’entourage appelé à être attentif

Selon la psychologue, certains signes de détresse psychologique peuvent être observés au sein des communautés, notamment à travers l’isolement, l’épuisement ou la résignation.

Elle cite notamment l’isolement de certains voisins, la fatigue silencieuse de certaines mères de famille ainsi que le découragement de jeunes confrontés au chômage comme autant de situations qui méritent une attention particulière.

Rachel Katungu encourage ainsi les personnes confrontées à ces difficultés à consulter des professionnels de la santé mentale et appelle la communauté à contribuer à réduire la stigmatisation qui entoure encore ces questions.

« Brisons le silence et supprimons la stigmatisation autour de la santé mentale. Une simple écoute peut sauver une vie », insiste-t-elle.

Pour la psychologue, la prévention du suicide ne relève pas uniquement des professionnels de santé. Elle nécessite une mobilisation plus large impliquant notamment les autorités locales, les leaders religieux, les associations de jeunes et la société civile.

Dans ce cadre, des gestes simples comme prendre des nouvelles d’un voisin, écouter attentivement une personne en difficulté ou lui apporter un mot de réconfort peuvent contribuer à réduire l’isolement.

Renforcer les mécanismes d’accompagnement

Rachel Katungu plaide également pour le développement de structures d’accompagnement accessibles ainsi que pour des initiatives communautaires consacrées à la santé mentale, notamment les groupes de parole et les campagnes de sensibilisation.

À Bukavu, les traumatismes liés aux conflits, les difficultés économiques et l’insécurité constituent, selon elle, des facteurs qui rendent nécessaire une plus grande attention portée à la santé mentale.

Pour la psychologue, la prévention passe donc par une meilleure écoute, la réduction des tabous et la possibilité pour les personnes en détresse d’accéder à un accompagnement adapté.

« Unissons nos forces pour que plus personne à Bukavu ne se sente obligé d’affronter ses ténèbres dans la solitude. Parlons, écoutons, soutenons, agissons pour la vie ! », conclut Rachel Katungu.

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La Journée mondiale de la prévention du suicide 2026 est célébrée sous le thème « Changer le discours sur le suicide » (Changing the narrative on suicide), qui met l’accent sur la nécessité de faire évoluer les perceptions et les conversations autour de la prévention du suicide.

Edith Kazamwali

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