Malgré la crise sécuritaire et les difficultés économiques qui persistent dans plusieurs localités du territoire de Kabare, au Sud-Kivu, des femmes déplacées continuent de faire preuve de résilience à travers les activités agricoles pour subvenir aux besoins de leurs familles.
Plusieurs femmes déplacées ont expliqué que leur survie dépend essentiellement de l’agriculture. Selon elles, abandonner les champs en raison des conflits armés exposerait leurs enfants à la famine.
Ces femmes indiquent que, bien qu’elles aient fui leurs villages respectifs à cause de l’insécurité, elles continuent de s’y rendre régulièrement pour cultiver leurs terres malgré les risques sécuritaires.
Cependant, elles dénoncent les conditions difficiles dans lesquelles elles travaillent. Les crépitements de balles régulièrement signalés dans certaines zones les obligent souvent à écourter leurs activités champêtres, réduisant ainsi considérablement leur rendement agricole.
« Nous continuons à nous rendre dans nos champs malgré les tirs, parce que nos enfants ne peuvent pas survivre sans les récoltes. Mais nous travaillons dans la peur et nous manquons de semences », témoignent certaines femmes rencontrées.
Elles soulignent également le manque d’accès aux semences, un défi majeur qui limite davantage leur capacité de production agricole dans un contexte déjà marqué par les déplacements et la précarité.
Face aux conséquences psychologiques causées par cette crise humanitaire, certaines organisations locales tentent également d’apporter un accompagnement aux femmes affectées.
C’est notamment le cas de l’organisation Célébrons le Courage de la Femme (CCF), qui vient de lancer à Bukavu des séances préparatoires de groupes de discussion destinées au traitement des cas de traumatisme.
Au total, 60 femmes membres des Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit ont été formées sur la santé mentale, la gestion des émotions ainsi que les techniques de dialogue afin de renforcer leur résilience psychosociale pendant cette période de crise.
Selon Augustin Maombi, chargé des programmes au sein de CCF, cette initiative vise particulièrement les femmes petites commerçantes transfrontalières, souvent confrontées aux violences, à l’insécurité et aux multiples tracasseries dans l’exercice de leurs activités économiques.
Lire aussi : RDC : plus de 26 millions de Congolais confrontés à la faim, alertent la FAO et le PAM
L’organisation estime que, malgré les nombreux défis liés à l’insécurité, aux déplacements des populations et au manque de services spécialisés en santé mentale, ce type d’accompagnement contribue à renforcer la reconstruction sociale et communautaire dans la région des Grands Lacs.
De leur côté, les femmes déplacées de Kabare continuent de plaider pour le retour de la paix afin de travailler dans des conditions sécurisées. Elles lancent également un appel aux organisations humanitaires pour un appui en semences et en assistance agricole.
