RDC : plus de 26 millions de Congolais confrontés à la faim, alertent la FAO et le PAM

Plus de 26 millions de Congolais confrontés à la faim, alertent la FAO et le PAM. Ph. Tiers

La République démocratique du Congo continue de faire face à l’une des crises alimentaires les plus graves au monde. C’est l’alerte lancée mercredi par Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et le Programme alimentaire mondial à travers les dernières données du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).

Selon cette analyse, plus de 26,5 millions de personnes, soit près d’un Congolais sur quatre, éprouvent actuellement des difficultés à satisfaire leurs besoins alimentaires de base.

Parmi elles, plus de 3,6 millions vivent une situation d’urgence alimentaire, confrontées à des pénuries critiques menaçant directement leur survie.

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Bien qu’une légère amélioration soit observée par rapport aux précédentes estimations, les agences des Nations Unies soulignent que la situation reste plus préoccupante qu’à la fin de l’année 2025.

« Loin de s’atténuer, la crise s’est enracinée et complexifiée, piégeant des millions de ménages vulnérables dans un cycle de besoins persistants », a déclaré David Stevenson.

Les provinces de l’Est parmi les plus touchées

Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika figurent parmi les zones les plus affectées par cette crise.

Les violences armées persistantes y provoquent d’importants déplacements de populations, détruisent les moyens de subsistance et perturbent les activités agricoles ainsi que les marchés locaux.

Selon les chiffres publiés, plus de 7,8 millions de personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur du pays. Beaucoup ont perdu leurs maisons, leurs champs, leur bétail ainsi que leurs principales sources de revenus.

À cette situation s’ajoutent la flambée des prix des produits alimentaires, les ruptures des chaînes d’approvisionnement et la résurgence de plusieurs épidémies, notamment le choléra, la rougeole et le Mpox.

Les agences humanitaires tirent également la sonnette d’alarme sur la malnutrition infantile.

Entre janvier et juin 2026, environ 4,18 millions d’enfants de moins de cinq ans devraient nécessiter une prise en charge contre la malnutrition aiguë.

Parmi eux, plus de 1,3 million souffrent ou risquent de souffrir de malnutrition aiguë sévère, une forme potentiellement mortelle sans traitement rapide.

La situation touche également les femmes enceintes et allaitantes. Plus de 1,5 million d’entre elles pourraient être affectées par la malnutrition aiguë au cours de cette période.

Les agences de l’ONU réclament davantage de soutien

Face à l’ampleur des besoins, le Programme alimentaire mondial indique avoir apporté depuis janvier une aide alimentaire ou monétaire d’urgence à près de 1,3 million de personnes, principalement dans l’Est du pays.

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De son côté, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture estime avoir besoin de 163 millions de dollars supplémentaires afin de renforcer son appui agricole d’urgence avant les prochaines saisons culturales.

« Chaque saison agricole manquée accroît la dépendance à l’égard de l’aide humanitaire », a expliqué Athman Mravili.

« Lorsque les familles reçoivent des semences, des outils et un soutien aux moyens de subsistance fourni en temps opportun, elles peuvent produire de la nourriture en quelques semaines, préserver leur dignité et éviter de sombrer davantage dans la faim. Mais ce soutien doit arriver avant que la période des semis ne se referme », a-t-il ajouté.

Les deux agences des Nations Unies appellent ainsi à conjuguer l’aide humanitaire d’urgence avec des investissements durables dans les systèmes alimentaires afin d’éviter une aggravation irréversible de la crise alimentaire en RDC.

Jean-Luc M.

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