Kabare : les autorités locales appellent à la cohésion sociale après des accusations visant les peuples autochtones pygmées

Les peuples autochtones et la communauté locale dans le groupement de Miti à Kabare au Sud-kivu

Les autorités locales du territoire de Kabare appellent la population à renforcer la cohésion sociale et à éviter les accusations sans preuves contre les peuples autochtones pygmées, accusés ces derniers jours par certains habitants d’être impliqués dans des actes d’insécurité dans le groupement de Miti.

Depuis plusieurs années, les peuples autochtones pygmées restent confrontés à des formes de marginalisation au sein de nombreuses communautés locales en République démocratique du Congo. Considérés comme les premiers occupants du pays, ils continuent néanmoins d’être victimes de stigmatisation en raison notamment de leur mode de vie traditionnel lié à la forêt.

À Miti, certains habitants accusent ces communautés d’utiliser des armes à feu pour semer l’insécurité dans la région. Des accusations rejetées par le chef du groupement de Miti, Thierry Bwigumba.

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Contacté ce jeudi 14 mai 2026, ce responsable coutumier affirme n’avoir jamais vu des membres de cette communauté utiliser des armes à feu.

« Les pygmées sont en train d’être accusés de toucher des armes à feu pour attaquer les paisibles citoyens. Moi personnellement, je nie cela car je n’ai jamais vu ce peuple toucher à une arme », a-t-il déclaré.

Selon lui, les différends enregistrés concernent principalement des cas de vols de produits agricoles dans les champs des habitants. Il explique que les peuples autochtones vivent traditionnellement de la pêche, de la cueillette et du ramassage.

Face à cette situation, Thierry Bwigumba appelle les différentes communautés à renouer les relations de fraternité et à privilégier le vivre-ensemble.

« Nous devons cultiver l’amour comme frères et sœurs afin de nourrir le vivre-ensemble et la cohésion sociale », insiste-t-il.

Le chef du groupement rappelle également que toute accusation doit être fondée sur des preuves concrètes avant toute conclusion.

La question a également été abordée par l’administrateur du territoire de Kabare sous l’administration AFC-M23, Espoir Rumbabura, lors d’une rencontre avec les habitants de Miti.

L’autorité territoriale a plaidé pour la protection des peuples autochtones et condamné les discours discriminatoires à leur encontre.

« Vous savez que ce peuple est méprisé depuis longtemps, mais nous sommes appelés à nous rapprocher de lui au lieu de l’accuser faussement », a-t-il déclaré devant la population.

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L’administrateur insiste sur la nécessité de promouvoir la paix, la cohésion sociale et la cohabitation pacifique entre les différentes communautés du territoire.

« Nous prêchons la paix, la cohésion sociale et la cohabitation pacifique entre les communautés », a-t-il ajouté.

Enfin, les autorités locales demandent à la population de ne pas céder aux messages de haine et de renforcer l’unité entre communautés afin de préserver la stabilité sociale dans cette partie du Sud-Kivu.

Sylvie Bahati

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