Après plusieurs semaines de suspension de certaines activités humanitaires en raison de l’épidémie de maladie à virus Ebola, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a repris ses distributions de vivres et de semences dans l’est de la République démocratique du Congo. Entre la mi-juillet et la fin juillet 2026, plus de 80000 personnes ont bénéficié de cette assistance en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu.
L’aide a été destinée à plus de 13.300 familles déplacées, retournées et familles hôtes, confrontées à la fois aux conséquences des conflits armés, aux déplacements de population et à l’aggravation de l’insécurité alimentaire.
Pour poursuivre ses activités malgré l’épidémie d’Ebola, le CICR indique avoir adapté son dispositif de distribution en collaboration avec la Croix-Rouge locale et les autorités sanitaires.
Le nombre de bénéficiaires accueillis quotidiennement a notamment été réduit d’environ 50 %, afin de respecter la distanciation physique. Les bénéficiaires devaient également se laver les mains et faire contrôler leur température avant d’accéder aux sites de distribution.
Plus de 13.300 familles assistées
Dans le détail, 4.350 familles ont bénéficié de cette assistance en Ituri, 3.724 au Nord-Kivu et 5.265 au Sud-Kivu.
Les familles ont reçu différentes formes d’appui adaptées à leurs besoins. Il s’agit notamment de semences vivrières de maïs, haricots et arachides, de boutures de manioc ainsi que de semences maraîchères comme l’amarante, le chou et l’aubergine.
Le CICR a également distribué des outils aratoires et des vivres, ainsi que des biens essentiels de ménage, notamment des couvertures et des ustensiles de cuisine.
Selon Abdoule Karim Diomande, chef des programmes du CICR en RDC, cette assistance doit permettre aux familles de répondre à leurs besoins immédiats, mais aussi de reprendre leurs activités agricoles et de restaurer progressivement leurs moyens de subsistance.
Une crise alimentaire aggravée par les conflits et Ebola
Dans l’Ituri et les deux Kivu, les déplacements répétés liés aux violences ont contraint de nombreuses familles à abandonner leurs champs éloignés et à privilégier une agriculture de subsistance à proximité de leurs habitations.
Cette situation a entraîné une réduction des superficies cultivées, une baisse de la production agricole et une diminution de la disponibilité des denrées alimentaires sur les marchés.
Selon les données citées par le CICR, plus de 8,6 millions de personnes étaient en situation d’insécurité alimentaire aiguë entre janvier et juin 2026 dans ces trois provinces.
La situation est particulièrement préoccupante en Ituri, qui constitue également l’épicentre de l’épidémie d’Ebola. Les restrictions imposées sur certains échanges commerciaux transfrontaliers dans le cadre de la réponse sanitaire ont contribué à accentuer les difficultés économiques et alimentaires des populations.
Pour les familles déjà fragilisées par les déplacements, le choix devient ainsi particulièrement difficile entre la nécessité de se protéger contre Ebola et celle de trouver suffisamment de nourriture pour survivre.
Le CICR appelle à préserver l’accès aux moyens de subsistance
Face à cette situation, le CICR estime que les populations doivent pouvoir accéder, dans la mesure du possible, à leurs champs, aux marchés, aux points d’eau et aux autres moyens essentiels de subsistance.
L’organisation prévient qu’une suspension durable de l’assistance pourrait aggraver les risques de faim, de malnutrition et de perte des moyens de subsistance.
Elle appelle également les différentes parties aux conflits à prendre des mesures pour limiter les conséquences des opérations militaires sur les populations civiles, notamment en évitant les déplacements forcés et en facilitant l’acheminement rapide et sans entrave de l’aide humanitaire vers les personnes affectées.
Pour le CICR, l’enjeu consiste désormais à maintenir l’assistance humanitaire tout en respectant les mesures de prévention contre Ebola. Une approche jugée indispensable pour répondre simultanément aux urgences sanitaires et alimentaires auxquelles sont confrontées les populations de l’Est de la RDC.
