De fortes pluies qui se sont abattues le 5 mai 2026 dans la zone de santé de Minova, particulièrement dans l’aire de santé de Kasunyu, groupement de Buzi, en territoire de Kalehe au Sud-Kivu, ont causé d’importants dégâts matériels à l’École primaire Mubimba, entraînant l’interruption des activités scolaires depuis le 6 mai.
Selon un rapport d’évaluation des infrastructures scolaires élaboré par le Secrétariat Général Technique (SGT) de l’éducation à Minova en collaboration avec l’Observatoire des Droits Humains (ODH) et consulté par La Prunelle RDC, plusieurs infrastructures de cette école catholique ont été gravement endommagées par les inondations.
L’établissement scolaire compte 353 élèves, dont 176 filles et 177 garçons, répartis dans huit salles de classe opérationnelles. L’école dispose également de neuf enseignants, parmi lesquels six hommes et trois femmes.
Le rapport fait état de plusieurs dégâts matériels importants, notamment l’inondation de quatre salles de classe sur les huit que compte l’école ainsi que de la cour scolaire.
Les pluies ont également détruit trois portes de salles de classe ainsi qu’une salle de classe construite en matériaux semi-durables.
Par ailleurs, l’église catholique de la Communauté ecclésiale vivante (CEV) a été complètement détruite. Cinq blocs de latrines de trois portes chacun ont été emportés par les eaux, de même qu’un autre bloc de deux portes récemment construit avec l’appui du partenaire RHA.
À la suite de ces dégâts, les activités scolaires ont été suspendues pour une durée estimée à quatre jours ou plus.
Le rapport souligne également plusieurs risques humanitaires et sanitaires liés à cette catastrophe. Les auteurs évoquent notamment une augmentation des risques d’exploitation des enfants dans les plantations de café ainsi que dans les activités de démaillage des poissons sur les lieux d’embarcation des pêcheurs.
« Cela peut également causer des risques accrus de choléra à Kasunyu, dû à tous les déchets fécaux des latrines emportés par les eaux de pluie vers le lac Kivu. Plusieurs enfants manifestent des signes de détresse psychologique après avoir été témoins de l’inondation et de la destruction de leur école », peut-on lire dans ce rapport.
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Face à cette situation, le SGT de l’éducation à Minova et l’ODH appellent à une mobilisation urgente des partenaires intervenant dans la zone de santé de Minova afin de soutenir la réhabilitation des infrastructures scolaires et fournir une assistance humanitaire.
Les organisations exhortent également les parents à participer à une réponse communautaire immédiate, notamment à travers les travaux de salongo et le creusage de canaux pour limiter les risques d’inondation.
« Nous lançons un cri de SOS pour une intervention rapide. Sans cela, le taux d’abandon scolaire risque d’exploser, exposant les enfants à l’oisiveté ainsi qu’aux risques d’exploitation et d’abus », concluent les auteurs du rapport.
