Kisangani : le Jardin zoologique et botanique en état de délabrement avancé, l’alerte de l’Ir Prince Bobo

Jardin Zoologique de Kisangani

Le Jardin zoologique et botanique de Kisangani, dans la province de la Tshopo, se trouve aujourd’hui dans un état de dégradation inquiétant. Le constat a été dressé par l’Ir Prince Bobo Tangabanga, directeur du Centre Agro École, à l’issue d’une visite effectuée récemment sur ce site autrefois considéré comme une vitrine de la biodiversité congolaise

Contacté par La Prunelle RDC, ce défenseur de l’environnement dénonce une situation qu’il qualifie d’alarmante, marquée par l’abandon progressif des infrastructures et des installations destinées à la conservation de la faune et de la flore.

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« Les constats sont amers. Les infrastructures sont vétustes, les cages des animaux mal entretenues et les quelques espèces encore présentes vivent dans des conditions précaires, notamment à cause du manque de nourriture adaptée et de soins vétérinaires », déplore-t-il.

Selon lui, le site ne compte désormais qu’un nombre très limité d’animaux. Parmi les rares espèces encore visibles figurent quelques singes, un babouin, un aigle et deux vautours. Plusieurs espaces sont aujourd’hui abandonnés, notamment la cage qui accueillait autrefois les lions.

« Il n’y a pas grand-chose là-bas », regrette l’Ir Prince Bobo.

Au-delà de l’aspect zoologique, il estime que la dimension botanique du site semble également avoir disparu. Aucun herbier, panneau scientifique ou activité éducative n’est visible sur place.

« Je me demande ce qu’est devenu l’aspect botanique », s’interroge-t-il.

L’environnementaliste évoque également des problèmes de gestion et de gouvernance qui aggraveraient davantage la situation. D’après plusieurs témoignages recueillis sur place, certaines activités illégales, notamment la coupe de bois destinée à la fabrication de briques, seraient régulièrement observées dans l’enceinte du site.

Ir Prince Bobo Tangabanga

Des riverains et activistes environnementaux dénoncent aussi une forme de passivité de certains services publics face à cette dégradation continue.

Autre élément jugé préoccupant : la présence d’un chantier dont la finalité reste inconnue, ainsi que quelques installations isolées, notamment une fontaine portant la mention « FRIVAO », dont l’impact sur la réhabilitation du jardin reste difficile à évaluer.

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Pour l’Ir Prince Bobo Tangabanga, cette situation est indigne d’un pays reconnu pour sa richesse écologique et sa biodiversité exceptionnelle.

« Ce n’est pas intéressant pour un grand pays comme le Congo d’avoir un centre zoologique dans cet état », insiste-t-il.

Il appelle les autorités congolaises à intervenir rapidement afin de réhabiliter le site, améliorer les conditions de conservation et redonner au Jardin zoologique et botanique de Kisangani son rôle scientifique, éducatif et touristique.

« Avec tout ce qu’on dit sur la richesse de la faune et de la flore du Congo, lorsqu’on arrive dans ce centre, on a l’impression d’être sur une autre planète », conclut-il.

Ce constat relance le débat sur la protection des espaces naturels, éducatifs et scientifiques en République démocratique du Congo, alors que plusieurs structures de conservation font face à des difficultés similaires à travers le pays.

Abdallah Mapenzi

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