La République démocratique du Congo continue de faire face à une progression inquiétante de l’épidémie de maladie à virus Ebola, variante Bundibugyo. Selon les autorités sanitaires congolaises, au moins 131 décès et 513 cas suspects ont déjà été enregistrés depuis l’annonce officielle de cette nouvelle flambée épidémique.
Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a communiqué ces chiffres lors d’une intervention consacrée à l’évolution de la situation sanitaire dans les provinces affectées.
Malgré l’augmentation des cas, le ministre a tenu à préciser que le taux de mortalité du virus Ebola Bundibugyo demeure inférieur à celui observé lors des précédentes épidémies causées par la souche Ebola Zaïre.
« Quand vous regardez ce chiffre, vous vous rendez compte d’une première chose : le taux de létalité, c’est-à-dire la mortalité liée à cette maladie, est inférieur à la mortalité liée à Ebola Zaïre. C’est une indication très importante qui montre que nous avons une épidémie d’Ebola moins létale que l’épidémie Ebola Zaïre que nous connaissons », a déclaré Samuel Roger Kamba.
Le ministre de la Santé explique également que cette variante présente parfois des symptômes moins alarmants au début de la maladie, ce qui peut compliquer l’identification rapide des cas et retarder le diagnostic.
« Cela peut commencer comme une simple grippe : fatigue, fièvre, vomissements. Puis progressivement arrivent les saignements. Tant que les saignements ne sont pas apparus, on peut se tromper, et cela explique aussi pourquoi, dans la communauté, cela a pris un peu de temps », a-t-il ajouté.
Cette situation inquiète particulièrement les autorités sanitaires en raison du contexte sécuritaire fragile dans plusieurs zones touchées de l’Est du pays, notamment en Ituri et au Nord-Kivu.
Face à la propagation du virus, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a officiellement déclaré, le 16 mai 2026, une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI).
L’OMS estime que cette flambée d’Ebola Bundibugyo constitue une menace sanitaire régionale importante, notamment en raison des mouvements de populations, des échanges transfrontaliers et de la fragilité des systèmes de santé dans les zones concernées.
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Depuis cette déclaration, plusieurs organisations internationales, gouvernements et structures humanitaires ont renforcé les dispositifs de riposte, de surveillance et de prévention dans les provinces affectées ainsi que dans les pays voisins.
Les autorités congolaises continuent d’appeler la population au respect strict des mesures barrières, notamment le lavage régulier des mains, l’évitement des contacts physiques à risque, le signalement rapide des cas suspects et la vigilance face aux symptômes de la maladie.
