Le Prix Nobel de la Paix et médecin congolais Denis Mukwege a lancé un appel pressant à la communauté internationale face à la progression d’une nouvelle flambée de la maladie à virus Ebola dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration publiée ce mardi 19 mai 2026, le gynécologue congolais alerte sur la gravité de la situation sanitaire dans la province de l’Ituri, où circule actuellement une souche rare du virus Ebola pour laquelle « il n’existe ni vaccin ni traitement ».
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Denis Mukwege rappelle que cette épidémie survient dans une région déjà profondément fragilisée par les conflits armés, les déplacements de populations et l’effondrement des structures sanitaires.
« Depuis des décennies, je soigne des patients dans l’est de la République démocratique du Congo, au cœur de conflits qui ont détruit les systèmes de santé mêmes, dont la population dépend pour survivre », déclare-t-il.
Le médecin congolais salue néanmoins la rapidité avec laquelle l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré cette flambée comme une « Urgence de Santé Publique de Portée Internationale ».
Cependant, il estime que la communauté internationale doit désormais agir avec la même rapidité en mobilisant davantage de ressources pour soutenir les populations touchées et les personnels de santé engagés dans la riposte.
« La communauté internationale doit agir avec la même urgence : en déployant des ressources, en protégeant les travailleurs de la santé et en apportant son soutien aux populations de l’est du Congo et de l’Ouganda », insiste-t-il.
Dans son message, Denis Mukwege demande également la réouverture urgente de l’aéroport international de Goma afin de faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire et des équipes médicales vers les zones affectées.
« Nous exhortons toutes les parties impliquées, y compris les forces d’occupation, à rouvrir l’aéroport international de Goma sans plus attendre afin de faciliter la réponse humanitaire et l’acheminement de l’aide », souligne-t-il.
Le Prix Nobel estime que cette nouvelle crise sanitaire démontre les conséquences directes des conflits armés sur les systèmes de santé publique.
Selon lui, la destruction des infrastructures sanitaires et le manque de financement favorisent inévitablement la propagation des épidémies.
Il rappelle également l’importance des investissements dans la surveillance épidémiologique, la recherche sur les vaccins et traitements d’urgence ainsi que la protection des travailleurs de santé opérant dans les zones de conflit.
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« Aucun d’entre nous ne sera en sécurité tant que nous ne le serons pas tous. Les travailleurs de la santé qui se trouvent en première ligne ne doivent pas affronter cette épreuve seuls », conclut Denis Mukwege.
Cette déclaration intervient alors que les autorités congolaises ont déjà recensé plusieurs centaines de cas suspects et plus d’une centaine de décès liés à cette nouvelle flambée d’Ebola dans l’Est de la RDC.
