Rutshuru : la sécheresse persiste, les agriculteurs de Nyamilima redoutent une famine

crise agricole majeure au Sud-Kivu

À Nyamilima, dans le groupement de Binza, territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, la persistance de la sécheresse met à rude épreuve les agriculteurs engagés dans la saison culturale A 2026-2027. Malgré quelques pluies enregistrées récemment, plusieurs cultures dépérissent sous l’effet du manque d’eau, faisant craindre aux cultivateurs une baisse importante des récoltes et une pénurie de nourriture dans les prochains mois.

Depuis plus de deux mois, les pluies se font rares à Nyamilima et dans plusieurs localités du groupement de Binza. Les quelques averses enregistrées il y a plus d’une semaine n’auraient pas permis d’améliorer suffisamment la situation.

Lire aussi : Rutshuru : la sécheresse détruit les cultures vivrières à Binza, la faim menace

Dans les champs, les cultures de haricot, de soja et de maïs jaunissent et sèchent sous l’effet d’un soleil particulièrement intense. Les arachides seraient également affectées par cette situation.

Face aux pertes enregistrées, l’inquiétude gagne progressivement les ménages. Plusieurs agriculteurs redoutent désormais une diminution importante de la production alimentaire et une éventuelle pénurie dans les jours ou semaines à venir.

« Ça ne tient pas pour cette saison culturale. Car il n’y a pas la pluie. Les plantes fanent, sèchent. La vie sera en danger vu que les cultures sont détruites. La saison culturale nous a déjà compliqué. Nous avons labouré puis semé, et là une petite quantité de pluie était tombée. Mais après, le soleil a frappé fort et les plantes ont séché. Ces cultures ont séché. Cette sécheresse a touché surtout le haricot, le soja, le maïs et les arachides n’ont pas poussé. Il n’y a rien à attendre de cette saison. Qu’on nous amène de l’aide compte tenu de cette situation climatique », s’inquiète un agriculteur rencontré par La Prunelle RDC.

Des agriculteurs entre reprise des semis et entretien des champs

Face à cette situation, les stratégies adoptées par les agriculteurs divergent.

Certains ont décidé de reprendre les travaux de labour et de procéder à de nouveaux semis, tandis que d’autres préfèrent entretenir les cultures déjà en place dans l’espoir d’une reprise des pluies.

« Il y a ceux-là qui ont jugé bon de planter le manioc après avoir labouré de nouveau, vu que c’est une culture résistante. Il y en a d’autres qui font le sarclage dans l’optique que, quand la pluie reviendra, peut-être les cultures vont prospérer. Ces derniers temps, on voit aussi les autres qui croisent les bras car il n’y a rien à faire au champ. Vraiment, on ne sait quoi faire », ajoutent-ils.

Un agronome conseille le recours à des variétés adaptées

Sollicité sur la situation, Winston Katembo Byatsi, agronome basé à Kisharo, recommande aux agriculteurs dont les cultures ont séché de procéder à un nouveau labour et de privilégier des semences adaptées aux conditions climatiques de la période.

Lire aussi : Rutshuru : une pluie violente décoiffe des habitations et l’EP Rive à Kisharo

Il conseille également la pratique de l’irrigation aux cultivateurs dont les champs sont situés à proximité des cours d’eau ou des zones marécageuses.

« Pour les cultures ayant séché, il faut relabourer et utiliser les semences adaptées à la période devant nous. Car les semences ne sont pas pour la même période. Et si l’on est proche d’un cours d’eau, on peut pratiquer l’irrigation et il y aura production », conseille l’agronome.

À Nyamilima, où l’agriculture fait vivre plus de 90 % de la population, la sécheresse met ainsi à rude épreuve la capacité d’adaptation des cultivateurs.

Entre reprise des semis, entretien des cultures et recours aux conseils techniques, l’issue de la saison culturale A 2026-2027 demeure incertaine pour de nombreux agriculteurs, dont certains placent désormais leurs espoirs dans les prochaines saisons.

Mwenge Kake

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *