Sud-Kivu : le choléra fait des morts dans l’axe de Ziralo, les structures sanitaires manquent de médicaments

choléra signalés à Kalonge

Onze décès liés au choléra ont été signalés en trois jours dans l’axe de Ziralo, en territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, selon un bilan provisoire de la société civile locale. Parallèlement, le médecin chef de zone de santé de Bunyakiri fait état de 38 cas enregistrés au cours de la semaine épidémiologique 42. Les structures sanitaires sont confrontées à une insuffisance de médicaments et d’intrants médicaux, alors que les besoins en assistance s’accentuent, notamment dans les sites de déplacés.

La situation sanitaire demeure préoccupante dans plusieurs localités du groupement de Ziralo. Les personnes déplacées, contraintes de fuir leurs villages en raison de l’insécurité, figurent parmi les populations particulièrement exposées, dans un contexte marqué par la précarité des conditions de vie et les difficultés d’accès à l’eau potable et aux installations sanitaires adéquates.

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Selon le docteur Marquis Ciralo, médecin chef de zone de santé de Bunyakiri, 38 cas de choléra ont été enregistrés durant la semaine épidémiologique numéro 42. Les aires de santé les plus touchées sont notamment Matutira, Mianda, Kusisa, Tushunguti, Ciriba, Muoma, Chinganda, Hombo Sud et Miowe.

Le responsable sanitaire signale également une pénurie de médicaments, particulièrement de solutions de réhydratation, dont le Ringer lactate (RL), ainsi que d’autres intrants indispensables au traitement des malades. Cette situation complique la prise en charge des patients et les efforts visant à limiter la propagation de la maladie.

La société civile alerte sur les décès dans les sites de déplacés

Dans une alerte humanitaire publiée le 22 octobre 2026, le Mouvement des sociétés civiles du Congo (MSCO), coordination de Ziralo, a tiré la sonnette d’alarme sur l’aggravation de la situation sanitaire dans cette partie du territoire de Kalehe.

Son président, Ezekiele Bahati Justin, rapporte une multiplication des décès dans les sites de déplacés et les localités environnantes, notamment à Tuonane, Lulambo et Lulere. Selon les informations recueillies par cette organisation, onze décès avaient été signalés au site de déplacés de Tuonane, suivis de dix autres le lendemain.

Le MSCO fait également état de plusieurs malades pris en charge dans différentes structures sanitaires, dont 12 au centre de santé de Tushunguti, huit à Matutira et quatre à Mianda. Ces données issues du monitoring communautaire de la société civile ne correspondent pas nécessairement au bilan épidémiologique hebdomadaire communiqué par le médecin chef de zone de santé.

L’organisation rapporte par ailleurs le décès d’un enfant de six ans, identifié comme Michael, survenu le 20 octobre 2026 au site de déplacés de Lulambo.

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Face à cette situation, la société civile dénonce les conditions sanitaires précaires dans lesquelles vivent les populations déplacées et appelle à une intervention humanitaire urgente pour prévenir de nouvelles pertes en vies humaines.

Un appel à renforcer les moyens de riposte

Au-delà de la prise en charge médicale, le médecin chef de zone de santé de Bunyakiri insiste sur la nécessité de renforcer les mesures de prévention et les moyens logistiques mis à la disposition des équipes sanitaires.

Il appelle notamment à améliorer la sécurité dans les zones concernées, alors que de nombreuses personnes déplacées quittent leurs villages pour se réfugier dans la forêt. Il recommande également de garantir l’accès à l’eau potable, de construire ou d’aménager des latrines hygiéniques et d’assurer un approvisionnement régulier des structures sanitaires en médicaments et autres produits nécessaires au traitement du choléra.

Le responsable sanitaire plaide aussi pour le renforcement des moyens de déplacement du bureau central de la zone de santé, notamment par la mise à disposition de motos, de carburant et de véhicules. Ces équipements permettraient de faciliter les supervisions et le suivi des activités de riposte dans les différentes structures sanitaires.

De son côté, le MSCO sollicite l’intervention de Médecins Sans Frontières (MSF), des autorités sanitaires provinciales et des partenaires humanitaires pour déployer une assistance médicale d’urgence dans les zones affectées, particulièrement dans les sites de déplacés.

L’organisation demande également des kits de prise en charge du choléra ainsi qu’un appui financier et matériel aux organisations locales engagées dans la sensibilisation communautaire.

Selon Ezekiele Bahati Justin, les organisations locales poursuivent leurs activités de sensibilisation malgré le manque de ressources financières et de matériel de protection adéquat. Il estime qu’un soutien concret à ces structures est indispensable pour renforcer la prévention et encourager les communautés à adopter les mesures d’hygiène.

La prévention reste essentielle

Face à cette flambée, le médecin chef de zone de santé de Bunyakiri appelle la population à respecter rigoureusement les mesures d’hygiène. Il recommande notamment de consommer de l’eau potable, de se laver régulièrement les mains avec de l’eau propre et du savon, d’utiliser des latrines hygiéniques et de se rendre rapidement dans une structure sanitaire en cas de diarrhée aqueuse ou de vomissements.

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Le choléra est une maladie diarrhéique aiguë qui peut provoquer une déshydratation sévère et entraîner la mort en quelques heures en l’absence de prise en charge rapide. Une réhydratation précoce et un traitement adapté permettent de réduire considérablement le risque de décès.

Alors que les structures sanitaires signalent des difficultés d’approvisionnement et que la société civile alerte sur les décès dans les communautés affectées, le renforcement de l’assistance médicale, l’accès à l’eau potable et l’amélioration des conditions d’hygiène apparaissent essentiels pour freiner la propagation de la maladie dans l’axe de Ziralo.

Daniel Mupole

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