Kabare : plus de 700 ménages menacés par les effondrements à Chirambi-Buhozi, la société civile réclame un relogement urgent

fracture de sol à Buhozi dans le territoire de Kabare

Plus de 700 ménages affectés par les glissements de terrain et les effondrements à Chirambi-Buhozi, dans le groupement de Mudusa, territoire de Kabare, vivent toujours dans une situation de grande précarité, sans solution durable de relogement. Alors que les pluies reprennent, la société civile et les représentants des victimes alertent sur les risques d’un nouvel effondrement, malgré une expertise géologique ayant déclaré le site impropre à la construction.

Le dernier incident signalé remonte au 29 septembre 2026, lorsqu’une nouvelle maison s’est effondrée. Au moins cinq autres habitations présentent des fissures importantes et des dégradations avancées, selon les informations recueillies sur place.

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Les familles sinistrées vivent principalement chez des proches à Mudusa et dans les villages environnants. D’autres, faute de moyens financiers et de terrains disponibles, sont contraintes de reconstruire leurs habitations sur le site jugé dangereux.

Un phénomène qui persiste depuis février 2024

Les premières manifestations importantes de cette catastrophe remontent au 15 février 2024, lorsque des mouvements de terrain et des secousses ont provoqué l’effondrement de plusieurs maisons, obligeant des familles à fuir leurs habitations.

Après une période d’accalmie, le phénomène a repris le 27 juillet 2024, avec des glissements et des effondrements progressifs qui continuent de fragiliser le sol.

Face à cette situation, une délégation composée de représentants du gouvernement central, de l’administration du territoire de Kabare, du Département de géologie de l’Université officielle de Bukavu (UOB) et du Centre de recherche en sciences naturelles (CRSN) de Lwiro s’est rendue sur le site le 15 février 2026.

L’expertise géologique réalisée a conclu que la zone de Chirambi-Buhozi était impropre à la construction et présentait des risques majeurs d’effondrement généralisé.

Malgré ce constat scientifique, aucune solution concrète de relogement n’a encore été mise en œuvre, selon les représentants des victimes.

« D’un moment à l’autre, on risque d’assister à une hécatombe »

L’approche de la saison des pluies ravive les inquiétudes des habitants, qui redoutent de nouveaux effondrements et dénoncent l’absence d’assistance depuis le début de la catastrophe.

Héritier Mongane, représentant des victimes des catastrophes naturelles et artificielles de Buhozi, déplore les conditions de vie des familles sinistrées.

« Depuis que ces catastrophes ont eu lieu à Buhozi, aucune assistance n’a jamais été apportée, ni par les volontaires, ni par les organisations, ni par nos députés. Même un simple cahier pour les enfants n’a jamais été distribué. Nous sommes exposés à de multiples problèmes depuis que nos maisons ont été emportées par les éboulements, et le plus grave est que ces catastrophes se répètent », dénonce-t-il.

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Il alerte également sur le risque d’une aggravation de la situation avec les précipitations.

« La dégradation de la situation amène des inquiétudes majeures : d’un moment à l’autre, on risque d’assister à une hécatombe. Où sont parties toutes ces fondations et ces dynamiques de développement de notre province ? Comme il a plu toute la journée, l’inquiétude est vive et le traumatisme est profond. Nous demandons d’urgence à quiconque peut intervenir de le faire sans tarder, car la situation ne va pas du tout », ajoute-t-il.

La société civile interpelle les autorités

La Nouvelle Dynamique de la société civile (NDSCI) de Mudusa exprime également sa préoccupation face à la situation des familles affectées.

Par la voix de son président, Elvis Cirimwami, cette structure citoyenne appelle les autorités nationales et provinciales ainsi que les partenaires humanitaires à intervenir d’urgence.

« Les familles affectées vivent dans une précarité intolérable sans avoir reçu la moindre assistance jusqu’à ce jour », dénonce-t-il.

Selon les représentants des victimes, la saturation des familles d’accueil, le manque de ressources financières et l’insuffisance des terrains disponibles aggravent les difficultés. Certaines familles sont ainsi contraintes de retourner sur le site menacé, malgré les risques identifiés par les spécialistes.

Relogement, vivres et prise en charge médicale réclamés

Face à cette situation, les acteurs de la société civile et les représentants des victimes formulent plusieurs recommandations urgentes.

Ils demandent notamment le relogement immédiat des sinistrés sur un site sécurisé et adapté à l’habitation, ainsi que l’installation d’abris temporaires pour soulager les familles d’accueil.

Ils réclament également la distribution de vivres et de kits scolaires, un accès garanti à l’eau potable ainsi qu’une prise en charge médicale et psychologique gratuite pour les personnes les plus vulnérables.

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Les autorités provinciales du Sud-Kivu, les députés provinciaux et nationaux ainsi que les partenaires humanitaires sont appelés à prendre des mesures urgentes afin d’éviter de nouvelles pertes humaines.

Pour les victimes de Chirambi-Buhozi, l’absence de relogement durable, malgré les alertes scientifiques et la persistance des effondrements, maintient des centaines de familles dans une situation de danger et de précarité.

Abdallah Mapenzi

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