Ebola à Butembo : MSF appelle à renforcer la riposte humanitaire et l’engagement communautaire

Face à la propagation de la dix-septième épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à renforcer les moyens humanitaires, la surveillance épidémiologique et l’implication des communautés. À Butembo, au Nord-Kivu, la hausse des cas, les décès enregistrés dans les communautés et les difficultés d’accès à certaines zones compliquent les efforts visant à contenir la maladie.

Stéphanie Hoffmann, cheffe du projet Ebola de MSF à Butembo, a lancé cet appel lors d’une intervention sur TV5 Monde. Elle estime que la priorité est de maîtriser l’épidémie dans son principal foyer afin de limiter les risques de propagation, y compris au-delà des frontières de la RDC.

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« L’important, c’est de contrôler la maladie là où il y a l’épicentre pour minimiser le risque qu’elle continue de se propager », a-t-elle expliqué.

Pour la responsable humanitaire, les mesures barrières ne suffisent pas à elles seules. Une réponse efficace doit également reposer sur la confiance entre les équipes de riposte et les populations, afin d’encourager le dépistage précoce, la reconnaissance des symptômes et la prise en charge rapide des personnes infectées.

« Pour vraiment mettre fin à cette épidémie, il faut s’engager avec la communauté pour construire des liens de confiance, pour que les gens se sentent à l’aise de venir se faire soigner, de s’isoler et de reconnaître les symptômes », a-t-elle déclaré.

Des décès communautaires qui compliquent la riposte

À Butembo, ville densément peuplée du Nord-Kivu, Stéphanie Hoffmann signale une augmentation importante des cas. Selon elle, les centres de traitement et de transit font face à une forte affluence de patients.

La responsable de MSF attire également l’attention sur les décès survenant en dehors des structures sanitaires. Lorsque des personnes malades restent à domicile et sont prises en charge par leurs proches, ces derniers peuvent être exposés au virus, ce qui accroît les risques de nouvelles contaminations au sein des familles et des communautés.

Elle estime par ailleurs que les chiffres officiels pourraient ne pas refléter toute l’ampleur de l’épidémie. Les décès communautaires et le nombre de cas confirmés issus de chaînes de transmission inconnues compliquent notamment l’identification des personnes exposées et le suivi des contacts.

L’insécurité freine les interventions humanitaires

La situation sécuritaire dans l’est de la RDC constitue un autre obstacle pour les équipes humanitaires. Certaines zones restent difficiles d’accès en raison des conflits armés qui affectent la région depuis plusieurs années.

Selon Stéphanie Hoffmann, les populations doivent ainsi faire face à plusieurs difficultés simultanées, au-delà de l’épidémie d’Ebola elle-même. Ces contraintes renforcent les besoins en assistance humanitaire et rendent plus complexe le déploiement des activités de surveillance et de prévention.

Face à cette situation, MSF appelle les organisations humanitaires à renforcer leurs capacités d’intervention, en particulier dans le suivi épidémiologique et l’engagement communautaire.

« Sans cette surveillance, nous ne serons pas en mesure de suivre cette épidémie, de suivre les cas contacts », a averti la cheffe du projet Ebola de MSF à Butembo.

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Elle insiste également sur la nécessité de mieux informer les populations sur les symptômes de la maladie et les moyens de protection, tout en favorisant leur collaboration avec les équipes sanitaires.

Pour MSF, le contrôle de cette dix-septième épidémie dépend donc d’une mobilisation collective associant les structures de santé, les organisations humanitaires et les communautés. Le renforcement de la confiance et l’accès rapide aux soins restent essentiels pour identifier les cas, suivre les contacts et limiter la transmission du virus.

Christelle Omoyi

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