Le manque d’eau potable dans le groupement de Ziralo, en territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, suscite de vives inquiétudes alors que des décès liés au choléra sont signalés dans cette partie de la province. Face à l’insuffisance des infrastructures d’approvisionnement en eau et aux difficultés d’accès à des sources sûres, le Mouvement des sociétés civiles du Congo (MSCO) sollicite l’appui d’Action contre la Faim (ACF) pour mettre en place un système durable d’adduction d’eau potable desservant les neuf villages du groupement.
Selon Ézékiele Bahati Justin, coordonnateur local du MSCO à Ziralo, l’accès à l’eau potable constitue l’un des principaux problèmes auxquels les habitants sont confrontés. Dans une proposition de projet adressée à Action contre la Faim, cette organisation décrit une situation marquée par l’insuffisance des infrastructures fonctionnelles dans la majorité des villages.
D’après le document, le groupement de Ziralo compte neuf villages et de nombreux sous-villages. Une source d’eau importante et exploitable est disponible dans l’un des villages, mais les huit autres ne disposent pas d’infrastructures fonctionnelles suffisantes pour garantir un approvisionnement régulier en eau potable. Une partie de la population est ainsi contrainte de consommer de l’eau de surface non protégée, ce qui l’expose à des risques sanitaires.
Une situation préoccupante face au choléra
Cette insuffisance d’eau potable intervient dans un contexte marqué par des décès liés au choléra dans le groupement de Ziralo. Selon les informations communiquées à La Prunelle RDC par le docteur Marquis Ciralo, médecin chef de la zone de santé de Bunyakiri, plusieurs malades sont également pris en charge dans différentes structures sanitaires de la région.
Le manque d’eau potable complique le respect des mesures d’hygiène, notamment le lavage des mains, le nettoyage des ustensiles et la préparation des aliments dans des conditions sanitaires adéquates. La consommation d’eau ou d’aliments contaminés favorise la transmission du choléra, tandis que les retards de prise en charge et l’insuffisance des moyens médicaux peuvent aggraver l’évolution de la maladie.
Dans ce contexte, le renforcement de l’approvisionnement en eau potable, l’amélioration de l’assainissement et la disponibilité des soins constituent des priorités pour limiter les risques de contamination et prévenir de nouveaux décès.
Un projet d’adduction d’eau pour neuf villages
Pour répondre durablement à cette difficulté, le MSCO propose la mise en place d’un système d’adduction d’eau potable par gravité à partir de la source identifiée dans le groupement.
Le projet prévoit la protection et l’aménagement de cette source, la construction d’un réservoir ainsi que l’installation de canalisations destinées à desservir les neuf villages et leurs sous-villages. Des bornes-fontaines publiques seraient également aménagées afin de rapprocher les points d’approvisionnement des ménages.
Dans sa proposition, le MSCO sollicite l’expertise technique et l’appui financier d’Action contre la Faim, une organisation intervenant notamment dans les domaines de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement. La structure communautaire se dit disposée à contribuer aux travaux, notamment par le creusement des tranchées et le transport de certains matériaux locaux.
Le projet prévoit également la création d’un comité inter-villageois de gestion de l’eau. Celui-ci serait chargé de contribuer à l’entretien des installations et à la pérennisation du système après sa mise en service.
Un appel à la mobilisation des partenaires
Pour Ézékiele Bahati Justin, l’amélioration de l’accès à l’eau potable est essentielle à la protection de la santé des habitants de Ziralo. Il appelle à une mobilisation des autorités sanitaires, des responsables locaux et des partenaires humanitaires afin de répondre aux besoins immédiats tout en recherchant des solutions durables.
Au-delà de la construction d’un réseau d’adduction, les besoins concernent également l’approvisionnement en eau potable, la sensibilisation aux mesures d’hygiène, l’amélioration de l’assainissement et le renforcement des structures sanitaires chargées de prendre en charge les personnes atteintes de choléra.
Les personnes déplacées et les populations les plus vulnérables, notamment les enfants, nécessitent une attention particulière face à cette situation.
Alors que des décès liés au choléra sont signalés dans le groupement de Ziralo, l’accès à l’eau potable demeure un enjeu majeur de santé publique. Le MSCO espère que l’appui des partenaires permettra de concrétiser le projet d’adduction d’eau et de réduire durablement les risques sanitaires auxquels les communautés sont exposées.
