À l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel, célébrée du 1er au 7 août 2026, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) appellent les gouvernements à investir durablement dans les systèmes de santé afin de garantir à toutes les mères et à tous les nouveau-nés un accompagnement de qualité. Les deux organisations estiment qu’un soutien accru à l’allaitement maternel constitue un levier essentiel pour améliorer la santé et la survie des enfants.
Dans une déclaration conjointe publiée à la veille de cette campagne mondiale, la directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell, et le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulignent que de nombreuses familles restent encore privées des services de soutien nécessaires à un allaitement réussi.
Selon les deux agences des Nations Unies, l’allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois de vie demeure l’une des interventions les plus efficaces pour protéger les nourrissons. Il fournit les nutriments indispensables à leur croissance, renforce leur système immunitaire, réduit le risque de maladies infectieuses et favorise leur développement cognitif.
L’OMS et l’UNICEF rappellent également que les bénéfices concernent aussi les mères. L’allaitement contribue notamment à diminuer les risques de diabète de type 2 ainsi que de cancers du sein et de l’ovaire.
Les deux organisations relèvent toutefois des progrès encourageants à l’échelle mondiale. Le taux d’allaitement maternel exclusif au cours des six premiers mois est passé d’environ 37 % en 2012 à plus de 47 % aujourd’hui. Par ailleurs, la proportion d’enfants allaités jusqu’à l’âge de deux ans est passée de 38 % à 50 % au cours des cinq dernières années.
Malgré ces avancées, l’OMS et l’UNICEF estiment que d’importantes inégalités persistent, notamment dans les pays à faibles revenus, les zones touchées par des conflits ou confrontées à des crises humanitaires, où les services d’accompagnement demeurent insuffisants.
Pour améliorer durablement la situation, les deux agences préconisent le renforcement des capacités des structures de santé, le développement des services de conseil communautaire, la protection des familles contre le marketing abusif des substituts du lait maternel ainsi que l’application effective du Code international de commercialisation de ces produits.
Elles appellent également les États à garantir des congés de maternité rémunérés, à mettre en place des environnements de travail favorables à l’allaitement et à intégrer systématiquement l’accompagnement des mères dans les soins prénatals, périnatals et postnatals, y compris dans les contextes de crise.
Selon l’OMS et l’UNICEF, ces investissements produisent des bénéfices considérables. Ils estiment qu’un soutien accru à l’allaitement maternel pourrait permettre de sauver chaque année près de 400 000 enfants et environ 140 000 mères dans le monde. Les deux organisations avancent également qu’un dollar investi dans la promotion de l’allaitement peut générer jusqu’à 59 dollars de retombées économiques grâce à la réduction des dépenses de santé et à l’amélioration du capital humain.
Placée cette année sous le thème « L’allaitement maternel pour un départ durable dans la vie : renforcer ce qui fonctionne », la Semaine mondiale de l’allaitement maternel vise à mobiliser les gouvernements, les professionnels de santé et les communautés afin de faire de cette pratique une priorité des politiques publiques.
Lancée en 1992 par l’OMS et l’UNICEF, cette campagne internationale commémore la Déclaration d’Innocenti adoptée en août 1990, qui appelle les États à protéger, promouvoir et soutenir l’allaitement maternel comme un droit fondamental pour chaque enfant et chaque mère.
