Ebola au Sud-Kivu : trois cas confirmés dont un décès, 46 cas suspects à haut risque sous surveillance

Centre de traitement d’Ebola de Munigi

Deux semaines après l’annonce officielle de l’épidémie de la maladie à virus Ebola au Sud-Kivu, les autorités sanitaires des zones sous contrôle de l’AFC-M23 dressent un premier bilan préoccupant. Trois cas confirmés ont été enregistrés dans la province, dont un décès, tandis que 46 personnes considérées comme des cas suspects à haut risque sont actuellement suivies par les équipes médicales.

Ces chiffres ont été communiqués ce vendredi 5 juin 2026 à Bukavu par Freddy Kaniki, coordonnateur de la Task Force Ebola dans les zones dites libérées, lors d’un point de presse consacré à l’évolution de la situation épidémiologique.

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Selon lui, les 46 cas suspects à haut risque sont pris en charge dans différentes structures sanitaires de la province. Quatorze patients sont suivis à Nyakadaga, tandis que 32 autres sont admis à l’Hôpital Général de Référence de la FOMILAC à Katana, dans le territoire de Kabare.

« L’épicentre de cette épidémie reste le village de Kahungu », a précisé Freddy Kaniki, soulignant que toutes les interventions de riposte sont actuellement concentrées autour de cette zone afin de limiter la propagation du virus.

Face à cette menace sanitaire, la Task Force Ebola affirme avoir déjà élaboré et commencé à mettre en œuvre un plan de riposte d’urgence. Parmi les mesures prises figurent la création d’un centre d’isolement capable d’accueillir jusqu’à 70 personnes, l’installation d’un centre de traitement disposant de 30 lits ainsi que la mise en place d’un laboratoire moderne de biologie moléculaire destiné à faciliter les analyses et à éclairer les décisions médicales et épidémiologiques.

« Nous avons déjà mis en place les principaux outils nécessaires à la riposte. Le laboratoire de biologie moléculaire permettra d’accélérer le diagnostic et d’améliorer la prise en charge des malades », a indiqué le coordonnateur.

Toutefois, plusieurs défis continuent de compliquer les efforts des équipes sanitaires. Freddy Kaniki cite notamment la forte mobilité des populations entre les zones affectées et celles encore épargnées, la densité démographique élevée dans certaines localités qui rend difficile le respect de la distanciation physique, ainsi que la circulation de fausses informations et de rumeurs autour de la maladie.

Afin de contenir la propagation du virus, certaines mesures restrictives ont déjà été instaurées dans la zone de Kahungu.

« Ces restrictions poursuivent deux objectifs : limiter la transmission du virus et réduire la mortalité liée à la maladie », a-t-il expliqué.

Dans cette perspective, les autorités sanitaires ont interdit les rassemblements populaires, les meetings, les événements sociaux ainsi que certaines activités religieuses dans les zones concernées. Freddy Kaniki a toutefois précisé que ces mesures restent pour l’instant limitées géographiquement et pourraient être étendues ou modifiées en fonction de l’évolution de la situation et des décisions qui seront prises par les autorités provinciales.

Le responsable de la Task Force a également insisté sur la nécessité de renforcer la surveillance communautaire des décès.

« Chaque décès survenu dans la communauté doit faire l’objet d’une investigation afin de déterminer s’il existe un lien éventuel avec Ebola avant toute inhumation », a-t-il rappelé.

Sur le plan thérapeutique, les autorités sanitaires se veulent rassurantes. Freddy Kaniki a confirmé l’arrivée dans la province d’un médicament spécifique destiné à la prise en charge des malades.

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Selon lui, ce traitement se montre particulièrement efficace lorsqu’il est administré dès les premiers stades de la maladie.

« Ebola n’est pas une condamnation à mort. Les chances de guérison augmentent considérablement lorsqu’il existe une collaboration rapide entre les malades, leurs familles et les équipes médicales », a-t-il souligné.

Pour renforcer la sensibilisation des populations, les équipes de riposte ont adopté une stratégie de proximité basée sur le porte-à-porte dans plusieurs villages du territoire de Kabare. Cette approche vise à informer les habitants sur les modes de transmission du virus, les mesures de prévention ainsi que l’importance du signalement précoce des cas suspects.

Le coordonnateur de la Task Force Ebola a par ailleurs salué l’implication des partenaires techniques et financiers qui soutiennent déjà les opérations sur le terrain à travers l’appui logistique, médical et financier à la riposte.

Enfin, il a lancé un appel à la responsabilité collective afin de freiner la progression de l’épidémie.

« Nous avons besoin de l’implication de toute la population. Chacun doit respecter les mesures de prévention et collaborer avec les équipes sanitaires. Nous ne voulons pas enterrer beaucoup de gens », a-t-il conclu.

Divine Busime

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