Après près d’un mois de fermeture dans le cadre des mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola, les postes frontaliers de Ruzizi 1 et Ruzizi 2, reliant Bukavu au Rwanda, ont rouvert partiellement depuis le vendredi 26 juin 2026. Un constat effectué ce lundi 29 juin montre que la reprise des mouvements transfrontaliers reste soumise à un dispositif sanitaire et administratif strict.
Pour les voyageurs ordinaires, le passage de la frontière demeure fortement réglementé. Les personnes souhaitant traverser doivent présenter un bulletin de paiement justifiant une opération bancaire. Pour les déplacements ne relevant pas d’une transaction, seul un passeport permet désormais d’effectuer un aller simple.
« La raison de sortie doit nécessairement être liée à une transaction bancaire », explique Akonkwa Namegabe, un usager en provenance du Rwanda.
Les petits commerçants transfrontaliers de Bukavu, particulièrement affectés par la fermeture des frontières, bénéficient toutefois d’un régime spécifique. Chaque association ou structure commerciale est autorisée à faire traverser entre deux et six représentants, sur présentation d’une liste validée par la Fédération congolaise des commerçants et visée par les autorités urbaines.
Malgré cette mesure d’assouplissement, plusieurs commerçants estiment que les restrictions limitent fortement leurs activités.
« Nous avons reçu l’autorisation de reprendre nos activités, mais la rentabilité n’est pas au rendez-vous. Les quantités de marchandises sont limitées et les bénéfices ne suffisent plus à couvrir nos charges », témoigne Jean-Marie, président des vendeurs de viande.
Les commerçants rwandais restés sur le territoire congolais depuis la fermeture des frontières disposent également d’un document spécifique leur permettant de poursuivre leurs activités.
« Ce document nous permet de continuer à travailler légalement, mais nous espérons que les conditions seront bientôt assouplies », confie une commerçante rwandaise rencontrée au poste frontalier de Ruzizi 1.
Si la reprise des activités est saluée par les opérateurs économiques, le sentiment d’insatisfaction reste perceptible. Beaucoup estiment que les restrictions continuent de freiner les échanges commerciaux et fragilisent les revenus des familles vivant du commerce transfrontalier.
« Nous comprenons la nécessité des mesures sanitaires, mais il faut également penser à la survie des familles qui dépendent de ces activités commerciales », plaide un commerçant.
Cette réouverture partielle traduit la volonté des autorités de concilier la prévention contre Ebola avec la reprise progressive des activités économiques. Les autorités sanitaires maintiennent toutefois un dispositif de surveillance renforcé afin de limiter tout risque de propagation de la maladie, tandis que les acteurs économiques espèrent un assouplissement progressif des mesures dans les prochains jours.
