Kabare : les retournés de guerre confrontés à une crise humanitaire persistante malgré leur retour

Kabare au Sud-Kivu
Dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu. Ph.Tiers

Les affrontements récurrents dans les villages situés en périphérie du Parc national de Kahuzi-Biega, les enlèvements, l’accès limité aux terres agricoles, aux soins de santé de qualité et à l’éducation, ainsi que le manque d’assistance humanitaire et de soutien psychosocial figurent parmi les principaux défis qui fragilisent la résilience des retournés de guerre dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu.

De nombreux habitants, rencontrés à Chibuye, expliquent avoir décidé de regagner leurs villages d’origine après une accalmie relative. Ils affirment que les conditions de vie dans les familles d’accueil étaient devenues intenables en raison de la crise économique, du manque d’abris et de l’épuisement des ressources. Toutefois, leur retour ne leur a pas apporté la stabilité espérée.

« Nous traversons énormément de difficultés, surtout pour nourrir nos enfants. Nous cultivons des haricots et des pommes de terre, mais lorsque les récoltes arrivent, des hommes armés viennent les prendre et nous restons sans nourriture. Les échanges de tirs nous empêchent aussi de travailler dans les champs », témoigne N’simire Mirindi, habitante de Chibuye et originaire de Kamakombe.

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Selon les retournés, de nombreuses habitations ont été détruites lors des affrontements armés. Plusieurs familles vivent encore sans logement adéquat. L’accès aux champs reste limité, particulièrement dans les localités situées au bord du Parc national de Kahuzi-Biega, où les combats continuent d’être signalés. Cette situation a entraîné la perte des récoltes et du bétail, aggravant l’insécurité alimentaire.

Outre les difficultés économiques, les retournés évoquent l’absence d’accompagnement psychologique pour les personnes traumatisées par les violences, ainsi que le manque d’assistance humanitaire. Ils affirment que même les besoins les plus élémentaires, comme l’achat de savon, deviennent difficiles à satisfaire. Les familles peinent également à préparer la prochaine rentrée scolaire, faute de moyens pour payer les frais scolaires, acheter les cahiers et les uniformes

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.Face à cette situation, les retournés lancent un appel aux partenaires humanitaires. Ils estiment que le rétablissement durable de la paix dans l’Est de la RDC demeure la priorité. Ils sollicitent également une assistance en vivres et en biens non alimentaires, un accompagnement psychosocial, un meilleur accès à l’eau potable, aux soins de santé de qualité, à l’éducation ainsi qu’à des abris décents afin de reconstruire leurs moyens de subsistance.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », une initiative du consortium RATECO et REMEL-GL avec le soutien de Media4dialogue de la Benelencja.

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