Les peuples autochtones pygmées vivant à Kasheke, dans le groupement de Mbinga Sud, territoire de Kalehe (Sud-Kivu), lancent un appel aux autorités et aux partenaires humanitaires pour une assistance urgente face à des conditions de vie qu’ils qualifient de très précaires.
Au cours d’un entretien accordé à nos confrères de la Radio communautaire et associative Kalinga, plusieurs membres de cette communauté ont dénoncé le manque d’accès à l’eau potable, aux soins de santé, à l’éducation, aux terres cultivables ainsi que l’insécurité alimentaire qui affecte leur quotidien.
Les habitants expliquent que l’absence de points d’eau potable les oblige à consommer de l’eau non traitée, une situation qui, selon eux, favorise les maladies au sein de la communauté.
« Nous avons un grand problème de santé parce que nous sommes en pénurie d’eau. Nous n’avons pas suffisamment d’eau propre. Nous buvons n’importe quelle eau et cela détruit notre santé. Lorsque nous sommes malades, les centres de santé et les hôpitaux sont très loin. Souvent, le malade meurt avant d’arriver à l’hôpital parce que la distance est trop longue », témoigne un membre de la communauté.
À cette difficulté s’ajoute, selon les habitants, le manque de ressources financières pour assurer les frais de transport et de prise en charge médicale.
Les membres de la communauté affirment également manquer de terres cultivables et d’outils agricoles, ce qui limite leurs capacités de produire leur propre nourriture.
« Nous rencontrons des difficultés pour cultiver. Nous n’avons pas les outils nécessaires et nous n’avons pas de champs où travailler. Nous demandons aux autorités de nous donner des terres pour cultiver et de nous fournir des intrants agricoles afin que nous puissions travailler comme les autres », explique un autre habitant.
Selon eux, cette situation contribue à l’aggravation de l’insécurité alimentaire et maintient de nombreuses familles dans une situation de dépendance.
Des enfants privés d’école
L’accès à l’éducation constitue une autre préoccupation majeure soulevée par la communauté.
Les habitants indiquent que l’école qu’ils avaient mise en place pour leurs enfants a cessé de fonctionner faute de financement, notamment en raison de l’impossibilité de rémunérer les enseignants.
« Aujourd’hui, nos enfants ne vont plus à l’école. Les écoles publiques sont très éloignées et nous n’avons pas les moyens de les y inscrire. Nous demandons aux autorités de soutenir l’éducation de nos enfants afin qu’ils puissent préparer leur avenir comme les autres », plaide un représentant de la communauté.
Ils sollicitent également un accompagnement en faveur de l’alphabétisation des femmes adultes.
Un sentiment d’exclusion
Les femmes de la communauté dénoncent également ce qu’elles considèrent comme une marginalisation dans l’accès aux services sociaux et à l’aide humanitaire.
« Nous vivons dans la misère. Les autres nous considèrent comme des personnes sans valeur. Lorsque des aides arrivent dans le village, nous, peuples autochtones, sommes souvent oubliés. Nous demandons aux autorités de nous venir en aide afin d’améliorer nos conditions de vie », déclare la mère leader des peuples autochtones du groupement de Mbinga Sud.
Face à ces difficultés, les peuples autochtones pygmées de Kasheke appellent les autorités locales, provinciales et nationales, ainsi que les organisations humanitaires et les partenaires au développement, à mettre en œuvre des réponses d’urgence et des solutions durables pour améliorer leurs conditions de vie.
Ils plaident notamment pour un meilleur accès à l’eau potable, aux soins de santé, à l’éducation, aux terres agricoles et aux moyens de subsistance, estimant que ces besoins sont essentiels pour préserver leur dignité et favoriser leur développement.
