À l’occasion de la Journée internationale des peuples autochtones, célébrée dimanche 9 août 2026, les peuples autochtones pygmées du Sud-Kivu appellent les autorités congolaises à renforcer leur protection, à garantir l’application effective de leurs droits et à œuvrer pour la restauration d’une paix durable dans l’Est de la République démocratique du Congo. Réunis à Miti, dans le territoire de Kabare, les représentants des communautés Bambuti ont également plaidé pour la valorisation des savoirs traditionnels des femmes autochtones.
Des représentants des peuples autochtones pygmées venus de plusieurs territoires du Sud-Kivu se sont retrouvés à Miti pour commémorer cette journée placée sous le signe du respect et de la valorisation des connaissances et savoirs des femmes autochtones pygmées.
« Nous avons discuté de notre journée internationale autour du respect et de la valorisation des savoirs de la femme Bambuti, qui sont bien connus », explique Pascal Ntakobajira, leader autochtone pygmée de Kalonge.
Les discussions ont également porté sur les droits des peuples autochtones et les relations entre leurs communautés et les différents acteurs intervenant dans la protection et la promotion de leurs intérêts dans la province.
Parmi les sujets évoqués figurent notamment les rapports avec les partenaires présents au Sud-Kivu ainsi qu’avec le Parc national de Kahuzi-Biega, espace qui demeure au cœur de plusieurs enjeux liés aux droits, aux terres et aux moyens de subsistance des communautés autochtones.
La guerre entrave la célébration
Pour les représentants des Bambuti, les revendications liées aux droits et à la valorisation de leur patrimoine culturel restent cependant difficiles à porter dans un contexte marqué par la persistance des conflits armés dans l’Est de la RDC.
Pascal Ntakobajira déplore les conditions dans lesquelles la Journée internationale des peuples autochtones a été célébrée cette année.
« Durant tout ce mois consacré aux Bambuti, nous avons commémoré et célébré cette journée dans de très mauvaises conditions à cause de la guerre qui frappe notre pays, ici dans l’Est », regrette-t-il.
Selon lui, l’insécurité a également empêché une partie des membres de la communauté de participer aux activités organisées à Miti.
Les difficultés de déplacement, combinées à l’insécurité sur plusieurs axes, ont limité la participation des représentants des différentes communautés.
« Nous n’étions que très peu nombreux : il n’y avait pas de moyens de transport et la guerre fait rage, ce qui a empêché beaucoup de personnes de participer faute d’itinéraires sécurisés », témoigne le leader autochtone.
Pour les peuples autochtones, la restauration de la paix constitue donc une condition préalable à l’amélioration de leurs conditions de vie, à la protection de leur patrimoine culturel et à leur participation au développement local.
Les Bambuti demandent l’application de la loi sur leurs droits
Au-delà de la situation sécuritaire, les représentants des peuples autochtones pygmées demandent au gouvernement congolais de veiller à l’application effective de la loi n°22/030 du 15 juillet 2022 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées en République démocratique du Congo.
Cette loi est présentée par les représentants des communautés comme un cadre juridique essentiel pour garantir leurs droits et renforcer leur protection.
Pascal Ntakobajira appelle ainsi les autorités à passer de l’existence du cadre légal à sa mise en œuvre effective.
« Je demande aussi au gouvernement de faire respecter la loi n°22/030, qui porte sur la promotion et la protection des droits des peuples autochtones pygmées », insiste-t-il.
L’application effective de cette législation est notamment considérée comme importante pour permettre aux communautés autochtones de mieux faire valoir leurs droits et de participer aux décisions qui concernent leur avenir.
Paix, droits et préservation des savoirs
La célébration de cette Journée internationale intervient ainsi dans un contexte particulièrement difficile pour les peuples autochtones du Sud-Kivu, confrontés, comme d’autres populations civiles, aux conséquences des conflits et des déplacements.
Pour leurs représentants, la paix ne constitue pas seulement une revendication sécuritaire. Elle est également indispensable à la préservation des savoirs traditionnels, à la transmission des connaissances entre générations et à la participation des communautés autochtones au développement.
La valorisation des connaissances des femmes Bambuti a d’ailleurs occupé une place importante dans les échanges organisés à Miti.
Les représentants des peuples autochtones pygmées réitèrent ainsi leur appel aux autorités congolaises pour qu’elles prennent des mesures concrètes en faveur de la paix, de la protection des populations autochtones et de l’application effective de la loi n°22/030.
Pour ces communautés, la reconnaissance de leurs droits doit désormais s’accompagner d’actions concrètes afin que les garanties prévues par la législation puissent se traduire dans leur vie quotidienne.
