Les activités de pêche suspendues pour trois mois sur le lac Tanganyika, un coup dur pour les pêcheurs

Embarcation sur le Lac Tanganyika

Toutes les activités de pêche sont suspendues pour une durée de trois mois sur le Lac Tanganyika. Cette trêve biologique, entrée en vigueur ce vendredi 15 mai, vise à permettre la régénération des stocks de poissons en déclin constant.

Si cette décision est jugée essentielle pour la préservation de l’écosystème du lac, elle plonge néanmoins les communautés locales et les acteurs du secteur dans une profonde incertitude économique.

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Annoncée officiellement le lundi 12 mai par Raphaël Mpungwe, ministre provincial de l’Agriculture, Pêche et Élevage du Tanganyika, cette mesure répond aux exigences de la charte régionale des États membres de l’Autorité du lac Tanganyika.

L’objectif affiché est de favoriser la reproduction des espèces halieutiques et de garantir une gestion durable des ressources du lac.

Cette interdiction affecte l’ensemble de la chaîne de valeur liée à la pêche, notamment les pêcheurs artisanaux, les propriétaires d’unités de pêche, les mareyeuses ainsi que les commerçants dont les revenus dépendent directement du lac.

Sur le terrain, plusieurs sources rapportent une inquiétude grandissante parmi les professionnels du secteur. Les pêcheurs et les armateurs dénoncent une suspension qu’ils jugent « brutale » et redoutent d’importantes conséquences sociales pour la région.

Privées de revenus pendant trois mois, de nombreuses familles craignent une aggravation de la précarité, tandis que la sécurité alimentaire et l’économie locale pourraient être fortement affectées. Les représentants du secteur appellent ainsi les autorités à mettre en place des mesures d’accompagnement afin d’atténuer les impacts financiers de cette fermeture.

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Face à ces préoccupations, les autorités provinciales rappellent toutefois que la charte régionale ayant motivé cette décision ne prévoit aucun mécanisme de compensation financière pour les acteurs concernés.

Une situation qui laisse des milliers de familles dans l’incertitude quant à leur avenir immédiat.

Joseph Aciza

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