Le Syndicat des Administratifs et Enseignants du Congo (SYADEC), section du Nord-Kivu, dénonce une inégalité dans l’application de la mutuelle de santé des enseignants, affirmant que plusieurs enseignants des territoires ruraux cotisent depuis des années sans bénéficier d’aucune prise en charge médicale.
Dans un entretien accordé à La Prunelle RDC ce lundi 11 mai 2026, le représentant provincial du SYADEC, Steven Tabaro Mukongo, a dénoncé ce qu’il qualifie de « discrimination » entre les enseignants des centres urbains et ceux des territoires ruraux.
Selon lui, les enseignants des territoires de Rutshuru, Masisi, Nyiragongo et Lubero versent régulièrement leurs cotisations à travers le système de retenue à la source, sans pour autant avoir accès aux soins de santé couverts par cette mutuelle.
« Nous sommes en train d’observer l’exécution de la mutuelle de santé des enseignants dans de grandes villes de la province du Nord-Kivu notamment dans la ville de Goma. Les enseignants des territoires cotisent chaque mois à la mutuelle de santé mais ne bénéficient pas de la prise en charge des soins de santé comme cela se fait pour ceux de Goma », déplore Steven Tabaro Mukongo.
Le syndicaliste affirme qu’une somme obligatoire de 5.000 francs congolais est prélevée chaque mois sur les salaires des enseignants depuis 2018.
« Les enseignants des territoires traversent d’énormes difficultés. Lorsqu’ils tombent malades, ils ne savent pas comment se faire soigner alors qu’une cotisation obligatoire de 5.000 francs congolais est prélevée chaque mois à la source », ajoute-t-il.
Selon le SYADEC, cette situation accentue davantage la précarité des enseignants vivant dans les zones rurales du Nord-Kivu, déjà confrontées à l’insécurité persistante, aux déplacements de populations ainsi qu’aux retards de salaires.
Le syndicat parle ainsi d’une « injustice sociale » créant des enseignants « de première et de deuxième classe ».
Face à cette situation, Steven Tabaro appelle le gouvernement congolais ainsi que les responsables de la mutuelle de santé à prendre des mesures urgentes afin de rétablir l’équité entre les enseignants des villes et ceux des territoires.
« Le problème n’est pas le manque de structures sanitaires, il s’agit plutôt d’un manquement sur le plan organisationnel et de contractualisation avec des structures de santé », estime-t-il.
Le représentant du SYADEC réclame notamment l’extension effective de la couverture sanitaire dans tous les territoires du Nord-Kivu.
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« Nous demandons l’extension effective de la mutuelle de santé dans tous les territoires comme Rutshuru, Masisi, Nyiragongo, Lubero, etc. », insiste-t-il.
Le Syndicat des Administratifs et Enseignants du Congo annonce par ailleurs son intention de saisir la ministre nationale de l’Éducation afin d’obtenir des solutions concrètes à cette situation qu’il juge discriminatoire envers les enseignants des zones rurales.
