Sud-Kivu : la confiance communautaire demeure le principal défi de la riposte contre Ebola

Ebola

Alors que la République démocratique du Congo fait face à une nouvelle résurgence de la maladie à virus Ebola dans sa partie orientale, un rapport d’analyse présenté par des acteurs locaux et nationaux met en lumière les principaux obstacles qui continuent de freiner l’efficacité de la riposte. 

Le rapport, produit à partir des contributions des organisations membres de la Coordination Nationale des Organisations de la Société Civile Humanitaire et de Développement (CONAFOHD), souligne qu’au-delà des défis médicaux, la méfiance des communautés, leur faible implication dans les interventions et plusieurs insuffisances opérationnelles continuent d’alimenter la transmission du virus.

Les participants à sa rédaction estiment que plusieurs difficultés observées lors des précédentes épidémies persistent encore aujourd’hui, malgré les enseignements tirés des expériences passées.

Selon le document, l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie, où la transmission reste active dans plusieurs zones de santé. Des témoignages recueillis sur le terrain font état de résistances communautaires persistantes, notamment le refus de reconnaître l’existence de la maladie, l’opposition aux enterrements dignes et sécurisés ainsi que les attaques contre les équipes de riposte.

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Les auteurs du rapport estiment toutefois que cette résistance ne doit pas être interprétée uniquement comme un refus de collaborer. Pour de nombreuses familles, les restrictions imposées lors des soins et des enterrements provoquent incompréhension et frustration. Plusieurs participants rappellent que les communautés ont souvent été considérées comme de simples bénéficiaires des interventions plutôt que comme de véritables partenaires de la riposte.

Intitulé : « Perceptions communautaires et défis opérationnels de la riposte à Ebola », ce rapport met également en évidence plusieurs insuffisances opérationnelles qui limitent l’efficacité de la réponse sanitaire. Parmi les principales difficultés figurent le manque d’équipements de protection dans certains centres de santé, la saturation des centres de traitement, l’insuffisance d’ambulances, les retards dans le transfert des patients ainsi qu’une communication communautaire jugée insuffisante. 

Des témoignages font état de malades contraints de retourner à domicile faute de place dans les structures de prise en charge, ou encore de patients transportés dans des conditions exposant davantage la population au risque de contamination.

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Les auteurs recommandent ainsi une riposte davantage centrée sur les communautés, fondée sur l’écoute, la participation locale et le renforcement des capacités des organisations de proximité. Selon eux, les premiers acteurs de la réponse humanitaire demeurent les communautés elles-mêmes et leur implication est indispensable pour interrompre durablement la chaîne de transmission d’Ebola. La lutte contre Ebola exige une approche humanisée, une communication de proximité et une reconnaissance accrue du rôle des acteurs communautaires dans la prévention et la gestion des épidémies.

Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », une initiative du consortium RATECO et REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de La Benevolencija.

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